L’Algérie en proie aux flammes

Dix-huit wilayas algériennes sont touchées par ces incendies ravageurs. Des forêts de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Jijel, Sidi Bel-Abbès, Médéa, Chlef et Aïn Defla, il ne reste que la désolation et la noirceur d’un décor cauchemardesque.

(De notre correspondant)

Plus de 20 000 hectares de forêts et 5 000 hectares de maquis répartis sur un total de 18 wilayas sont concernés par ces incendies. Les forêts comme celles de Tizi-Ouzou, Béjaïa, Jijel, Sidi Bel-Abbès, Médéa, Chlef et Aïn Defla ne sont pas les seules à être menacées. Les habitants continuent de souffrir le martyr surtout durant la journée alors que la chaleur est insupportable.

Le patrimoine forestier laisse place à la désolation et au cauchemar

Il faudra de nombreuses années pour que la flore renaisse de ses cendres. Ainsi, entre 45 et 50% des espaces verts seraient dors et déjà à reboiser selon les données des responsables des forets.

« Après avoir constaté, impuissants, la destruction massive de notre patrimoine forestier, on devra maintenant y mettre du sable du désert pour enlaidir davantage ce paysage hideux qui s’impose continuellement à nos yeux et remue le couteau dans la plaie », nous fait remarquer Ammar, un sexagénaire déçu dans la localité de Yakourène dans la wilaya de Tizi-Ouzou. « La communautés végétale originelle ne repousse pas immédiatement après le feu, il lui faudra plusieurs années et plusieurs conditions climatiques », nous fait savoir Mouloud, spécialiste en agronomie. Le couvert végétal brûlé consiste essentiellement en des chênes lièges, des oliviers et des arbres fruitiers comme des figuiers notamment dans les régions de Tizi-Ouzou et de Bejaïa où les agriculteurs n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.

Des campagnes de sensibilisation auprès des populations locales pour préserver et protéger le patrimoine sylvestre n’ont malheureusement jamais existé et aucun bilan exhaustif ne peut se faire avant de circonscrire les incendies. Des enquêtes sont diligentées par les autorités locales pour en déterminer les vraies causes.

Dans la région de la Kabylie, les agriculteurs et petits propriétaires terriens qui se sont investis pleinement dans le travail de la terre se plaignent de l’ampleur de ce phénomène destructeur qui s’est déchainé pratiquement depuis le début du mois de juillet. Il ne se passe pas un jour sans que les populations ne soient alertées et mobilisées pour participer activement à leur extinction.

Des incendies qui provoquent des coupures d’électricité

Comme le malheur ne vient jamais seul, les coupures fréquentes du courant électrique ont empiré les choses notamment durant le mois de Ramadan où l’eau fraiche manquait durant la rupture du jeûne. Les sapeurs pompiers avaient du pain sur la planche et certains ont payé de leur vie leur bravoure en allant faire face au feu.

Au total, 473 interventions ont été effectuées dans la wilaya de Jijel dans l’espoir de circonscrire l’incendie qui a détruit, à ce jour, 7 220 hectares de couvert végétal. Les autres foyers, toujours en ignition dans la wilaya de Tizi-Ouzou, influent considérablement sur les températures qui tardent à baisser alors que la déception est déjà à son summum. Il est à noter que certains de ces incendies sont d’origine criminelle selon les responsables de la protection civile et ceux du domaine forestier.

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