L’Afrique se protège de la pneumonie atypique


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Bien qu’épargnée par l’épidémie de pneumonie atypique, l’Afrique est de plus en plus nerveuse face au mal qui touche la planète. De l’Algérie à l’Afrique du Sud, le continent prend ses précautions. Des précautions nécessaires si l’on considère, comme le Pr Luc Montagnier, que le SRAS combiné au virus du sida pourrait s’avérer catastrophique.

A ce jour, aucun cas de pneumonie atypique n’a officiellement été déclaré en Afrique. Ce qui n’empêche pas la plupart des pays du continent de se prémunir contre le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), de son nom scientifique, qui a déjà fait 251 morts dans le monde. La rumeur transforme la moindre grippe en pneumonie et crée la panique dans les services hospitaliers. Samedi 18 avril, le ministre marocain de la Santé a dû rapidement intervenir pour rassurer ses concitoyens, après que la chaîne qatari Al Jazeera ait annoncé un cas de SRAS au Maroc. Du Nord au Sud et d’Est en Ouest, les pays africains ont adopté la pratique de la quarantaine contre la pneumonie atypique.

Un moindre mal pour le continent africain. Selon le Professeur Luc Montagnier, le SRAS, volatile, pourrait s’avérer catastrophique pour les individus dont le système immunitaire est affaibli par le virus du sida. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 21 millions d’individus sont atteints par ce virus en Afrique sub-saharienne.

Barrer la route au SRAS

En Zambie, l’un des pays les plus touchés par le sida, les autorités sanitaires ont préparé des lieux pour isoler les éventuels porteurs de la maladie. Le porte-parole du Centre sanitaire zambien, Victor Mukonka, a expliqué que l’aéroport international de Lusaka mettrait en isolement tout passager présentant les symptômes de la pneumonie atypique. Selon lui, c’est la seule solution pour contrôler l’épidémie et lui barrer la route à l’entrée du pays.

En Afrique du Sud, deux enfants tombés malades à leur retour d’un voyage à Hong-Kong ont été placé en quarantaine, par précaution. Les services hospitaliers sud-africains n’ont pas encore annoncé de quel mal les enfants souffraient. Le Kenya, l’Ouganda et l’Ethiopie ne sont pas en reste et contrôlent tous les voyageurs en provenance des pays où des cas de SRAS ont été déclarés, selon la BBC. D’une manière générale, précise le quotidien britannique, de Lagos au Cap, les autorités sanitaires de toutes les capitales africaines sont en alerte.

Panique à Maurice

Dans ce contexte, les citoyens et les services de santé manquent parfois de sang-froid. Le mercredi 23 avril, l’arrivée de deux résidentes chinoises dans l’hôpital Victoria, sur l’Ile Maurice, a créé une véritable panique  » tant parmi le personnel soignant que parmi les patients « , selon L’Express de Maurice.

Un responsable hospitalier s’est alors empressé de dénicher des masques de protection à distribuer aux patients. Les personnes présentes pensaient avoir à faire à deux des 78 ouvrières d’origine chinoise placées en quarantaine à la filature de Belle-Rive depuis leur arrivée dans le pays le mardi 22 avril. Après deux heures d’examens, les deux ressortissantes chinoises installées à Maurice depuis deux ans se sont vues diagnostiquer une simple grippe.

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