« 2015 : le début de la fin du sida ». Un rêve qui peut devenir réalité

A la veille de la journée internationale de lutte contre le sida, AIDES et ONE ont organisé une conférence de presse à Paris pour appeler les dirigeants du monde et les candidats à l’élection présidentielle française de 2012 à multiplier les efforts pour combattre la pandémie. Depuis la découverte du VIH, des progrès fulgurants ont été accomplis. La fin du sida n’est plus une utopie, mais un rêve qui peut devenir réalité, à condition que la volonté politique se manifeste enfin pleinement.

« Un traitement bien suivi par une personne vivant avec le VIH entrave considérablement la transmission du virus. Les nouvelles stratégies de prévention articulant protection, dépistage et traitement changent donc considérablement la donne, y compris sur le plan international. Pourtant, malgré ces outils prometteurs et notre mobilisation militante, la volonté politique n’a pas toujours accompagné nos combats ces cinq dernières années », a regretté Bruno Spire, président de AIDES.

« On peut aujourd’hui vivre quasi normalement avec la maladie. Mais malgré l’existence de traitements efficaces, on dénombre toujours deux nouvelles infections pour chaque personne placée sous traitement, des mères transmettent encore le virus à leurs bébés, et plus de 7 millions de personnes sont à ce jour en attente de traitement dans les pays en développement. Il faut se donner les moyens de voir naître une génération sans VIH d’ici à 2015 », a ajouté Guillaume Grosso, le directeur de ONE France.

Ensemble, AIDES et ONE proposent plusieurs solutions pour que 2015 marque réellement le début de la fin du sida :

· La mise en place d’une taxe sur les transactions financières et d’autres modes de financements innovants, dont les recettes doivent être affectées en grande partie au développement et plus particulièrement à la lutte contre les pandémies.

· Des moyens conséquents pour lutter contre l’épidémie et une augmentation significative de la contribution de la France au Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme dont l’efficacité a été prouvée. Il est alarmant de constater que le Fonds a dû annuler sa 11e campagne de financements faute de fonds nécessaires, les Etats donateurs, dont la France, n’ayant pas décaissé les sommes promises. Il s’agit notamment de mettre fin à la transmission du VIH de la mère à l’enfant d’ici à 2015.

· Une augmentation substantielle de l’aide publique au développement française pour atteindre l’objectif de 0,7% du PIB d’ici 2015, comme le gouvernement français et les autres membres du G8 l’ont promis au sommet de Gleneagles en 2005, une promesse réitérée régulièrement depuis.

« Il y a un effet ciseaux. D’un côté une augmentation des besoins pour tenir les Objectifs du millénaire pour le développement, de l’autre une diminution des financements. C’est donc le politique qui doit taxer un peu l’activité mondiale, d’où le combat pour les financements innovants que nous sommes quelques pionniers à mener. Je demande à ce gouvernement et au président de ne pas abîmer les financements innovants et de créer une taxe sur les transactions financières », a déclaré le président d’UNITAID, Philippe Douste-Blazy.

AIDES a lancé aujourd’hui un programme tant national qu’international qui se décline en plusieurs mesures concrètes, assorti d’une charte d’engagement qui sera présentée aux candidats à l’élection présidentielle en 2012. AIDES entend défendre une approche globale de la lutte contre le sida. Une approche qui accorde autant d’importance à la bonne qualité du système de soins qu’à la « sécurisation » de l’environnement juridique et social des personnes concernées. Une approche résumée par un slogan clair : Protéger + dépister + traiter = fin du sida. Et une question simple : Serez-vous le candidat de la fin du sida ? http://www.aides.org/actu/stop-au-sida-apres-le-slogan-le-programme-1230

Pour Jean-Marie Le Guen, adjoint à la Santé du Maire de Paris, « la fin du sida peut commencer ». « Il y a grâce à la prévention, au dépistage rapide et aux traitements une perspective qu’est l’éradication. Mais en termes stratégiques, il faut le vouloir. Les questions de santé sont avant tout politiques, avant d’être techniques. Il faut que nous soyons déterminés à sanctuariser en cette période de tourments économiques et financiers, les crédits et les financements innovants », a insisté le député de Paris, « persuadé que la lutte contre le sida fera partie du débat politique dans les prochains mois ».

ONE a pour sa part dévoilé un recueil de témoignages inédits intitulé « Progrès. Preuves. Promesses. Le début de la fin du sida » rassemblant les récits de personnes vivant avec le virus et ayant fait de son éradication le combat d’une vie. Il inclut également des témoignages de personnalités telles que le Professeur Luc Montagnier, prix Nobel de Médecine pour la découverte du virus, le footballeur allemand Philipp Lahm, Michel Sidibé, directeur d’ONUSIDA ou encore Philippe Douste-Blazy qui, chacun à leur niveau, contribuent de manière significative à la lutte et à la mobilisation contre le sida. Le document est en ligne ici : http://one.org/fr/agir/findesida/

« Le défi aujourd’hui n’est plus celui de trouver des solutions à cette épidémie – car nous avons des traitements qui marchent, car nous connaissons les systèmes de santé et les stratégies de prévention les plus efficaces. Le défi aujourd’hui, c’est de montrer que la volonté existe d’aider des milliers des femmes dans les pays les plus vulnérables à protéger leurs nouveau-nés contre le sida, comme nous le faisons ici en France », a souligné Carla Bruni-Sarkozy dans un message écrit transmis à ONE et AIDES. « Le début de la fin du sida en 2015 ne peut pas rester qu’un rêve, faisons-en notre réalité. Des milliers de mères et d’enfants nous attendent », a conclu la Première dame de France.