
Le Plan Mattei franchit une étape décisive dans sa conquête de crédibilité sur le sol africain. En marge du 39ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a réaffirmé vendredi 13 février 2026 sa volonté de rompre avec les approches paternalistes du passé. Ce cadre stratégique, qui porte le nom du fondateur historique d’ENI, Enrico Mattei, se veut désormais un modèle de coopération horizontale.
En se déplaçant en Éthiopie, Rome a symboliquement ancré son initiative au cœur des institutions africaines, transformant une doctrine nationale en une synergie internationale de grande envergure.
Un levier financier pour les infrastructures et le climat
L’ambition italienne s’appuie sur une force de frappe financière concrète. Pour l’année 2025, les projets engagés représentent déjà entre 1,3 et 1,4 milliard d’euros. Cette mobilisation de capitaux repose sur une architecture complexe mêlant le Fonds italien pour le climat, le Fonds africain et des alliances stratégiques avec des institutions de poids comme la Banque africaine de développement.
L’objectif est clair : utiliser les fonds publics pour attirer l’investissement privé vers des secteurs critiques. Initialement limité à neuf pays, le plan s’est rapidement étendu pour englober aujourd’hui 14 États africains, témoignant d’un intérêt croissant pour cette méthode de financement structuré.
Les cinq piliers d’une croissance durable
La stratégie italienne ne s’éparpille pas et se concentre sur des domaines essentiels pour la résilience du continent. L’énergie, les infrastructures, l’eau, l’éducation et la santé constituent l’ossature de ce partenariat. L’Italie aspire notamment à devenir un pont énergétique entre l’Afrique et l’Europe, un rôle illustré par le gazoduc Enrico Mattei reliant l’Algérie à la rive nord de la Méditerranée.
Au-delà des ressources, le plan investit massivement dans le capital humain et l’agriculture durable pour garantir une prospérité partagée qui puisse stabiliser les régions en difficulté et offrir des perspectives locales aux populations.
Vers un traitement innovant de la dette climatique
L’une des annonces majeures de ce sommet concerne la flexibilité financière face aux défis environnementaux. Consciente que le fardeau de la dette freine le développement, Giorgia Meloni a proposé des mécanismes de conversion de créances pour financer des projets de développement conjoints. Plus novateur encore, Rome plaide pour l’introduction de clauses de suspension de remboursement en cas de catastrophes climatiques extrêmes.
Cette approche vise à offrir une bouffée d’oxygène aux économies africaines lorsqu’elles sont frappées par des chocs exogènes, tout en liant la question migratoire à un développement économique réel plutôt qu’à une simple gestion sécuritaire des frontières.




