L’Afrique face au défi de la relance agricole

Près de 300 délégués, dont des ministres, des bailleurs de fonds, des entrepreneurs, des producteurs… participent, depuis lundi, à un forum de deux jours sur la relance de l’agriculture en Afrique. Intitulée «Investir pour l’agriculture en Afrique subsaharienne», cette rencontre se veut l’occasion d’un dialogue entre les différents acteurs du secteur, sur les moyens d’accroître les investissements privés et publics indispensables à la relance de l’agriculture africaine.

Une conférence de plus ? Pas du tout, selon Alain Joyandet, le secrétaire d’Etat français à la coopération et à la francophonie. D’après lui, il sortira «des choses concrètes» de ce forum sur la relance de l’agriculture en Afrique, organisé à l’initiative de la France qui préside actuellement l’Union européenne.

Lundi matin, les participants venus notamment d’Afrique de l’ouest, ont démarré des discussions, en séances plénières, sur les infrastructures agricoles, la production, la commercialisation et la transformation des produits agricoles, ainsi que les sources de financement de l’agriculture africaine. Ces discussions se sont poursuivies ce mardi par la présentation des grandes lignes de la politique agricole de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cedeao).

Adoptée en janvier 2005, cette politique agricole attend encore d’être mise en œuvre, avec l’appui des partenaires en développement. Mais le président de la commission de la Cedeao, Mohamed Ibn Chambas a tenu à rappeler aux participants qu’«il est important que les Etats africains tiennent leur engagement de consacrer 10% de leur budget à l’agriculture». «Les organisations sous- régionales et les partenaires au développement ne viendront que pour appuyer la volonté des Etats africains eux-mêmes», a-t-il ajouté.

Encourager une régionalisation de la politique agricole

Le ministre français de l’Agriculture, Michel Barnier, a saisi cette occasion pour assurer les pays africains d’un renforcement de l’aide destinée à l’agriculture s’ils présentent une vraie politique agricole commune sous- régionale. «Nous voulons encourager l’Afrique à aller vers une régionalisation de sa politique agricole, a-t-il affirmé, avant d’ajouter: nous sommes convaincus que la mutualisation des moyens mais aussi des risques seront bénéfiques au continent. Nous profitons de l’opportunité donnée par cette conférence pour redire notre engagement à aider l’Afrique à disposer d’une agriculture viable».

Autre point soulevé lors de la première journée de cette rencontre: les investissements dans l’agriculture africaine. Selon Alain Joyandet, «l’arrivée d’investissements extérieurs ne peut pas se faire sans une protection des populations locales contre d’éventuelles crises alimentaires». Sa déclaration fait allusion au projet du groupe sud-coréen Daewoo Logistics d’acquérir 1,3 millions d’hectares de terres à Madagascar, pour y produire du maïs et de l’huile de palme, destinés à l’exportation. «Ce phénomène doit être régulé avant qu’il ne devienne massif», a indiqué le secrétaire d’Etat français.

La rencontre, qui s’achève ce mardi soir, devrait poser les bases de la relance l’agriculture vivrière et familiale en Afrique comme l’avait annoncé, Alain Joyandet en novembre à Tunis. Une agriculture vivrière qui selon, Jacques Diouf, le directeur général de l’organisation de l’Onu pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), est la seule a assurer la sécurité alimentaire des populations africaines.

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