Khartoum dans les grâces de Washington

Les Etats-Unis font le forcing diplomatique pour amener le gouvernement de Khartoum et la rébellion sudiste à enterrer la hache de guerre. Le gouvernement soudanais, pour exploiter ses champs pétrolifères, a accepté -une nouvelle fois- de négocier avec la rébellion.

Les efforts du sénateur américain John Danforth commencent enfin à payer. Le Soudan, pays  » terroriste  » il y a peu, sort de son isolement et a toutes les attentions de Washington. Après avoir menacé de rompre toutes les relations avec Khartoum à la suite des attaques aériennes de l’armée soudanaise contre les populations civiles du Sud, George Bush vient de confirmer son émissaire spécial John Danforth dans sa mission.

Les autorités soudanaises qui veulent exploiter leurs champs pétrolifères ont fait savoir samedi qu’elles ont accepté une proposition de cessez-le-feu avec la rébellion sudiste dirigée par John Garang dans les principales provinces pétrolifères d’Al-Wihda et de Bahr al-Ghaza. Le deal est simple : pétrole pour le Nord et aide humanitaire pour le Sud. L’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) n’est pas contre un cessez-le-feu dans ces régions.

Gérer l’après-guerre

Le Soudan produit 205.000 barils de pétrole par jour, dont 145.000 destinés à l’exportation. Plusieurs compagnies étrangères sont présentes dans ces deux provinces. Et les récentes découvertes d’importants gisements pétroliers aiguisent les appétits des entreprises occidentales. A Washington, le secrétaire d’Etat adjoint chargé de l’Afrique, Walter Kansteiner, affirme que son pays est impliqué dans la réalisation  » d’une paix juste et durable au Soudan « . Et suit de près l’initiative lancée par l’Egypte et la Libye qui prévoit l’instauration du multipartisme et la tenue d’une conférence nationale pour la paix.

Une guerre civile oppose depuis près de 19 ans les rebelles du sud, à majorité chrétienne et animiste, aux gouvernements successifs du nord arabo-musulmans. Une guerre qui a fait près de deux millions de morts. Et laissé l’économie du pays exsangue.

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