Khaled crève la scène

Le king du raï a enflammé le Zénith. Avec des invités surprises, il a donné une soirée festive et conviviale. Où le talent et l’émotion étaient au rendez-vous. Khaled confirme son statut de bête de scène.

Evénement le 6 juin 2002 à Paris La Villette, où Khaled avait réuni des amis hors pair pour une soirée de raï joyeux et fraternel : en particulier le génial Bouteïba Sghir, monument de la chanson algérienne, prodigieuse bête de scène qui a fait vibrer la salle entre rire et émotion, admiration et dérision. Une force vitale sans pareille s’empare d’un Zénith soudain transfiguré où chacun ressent à l’unisson la force de l’artiste.

Cheba Kheira est là, boule d’énergie condensée explosant en fulgurances irrégulières,

mélopées ponctuées d’arrachements, berceuses traversées de cris où l’âme se révèle à nu. Et évidemment Cheb Akil, 27 ans, bourré de talent, novateur, joyeux, nuancé dans sa voix, toujours juste et expressif, venu tout spécialement d’Alger, lui aussi.

Quand Khaled chante Oran

Mais le chef d’orchestre, le prétexte de la fête et le morceau de roi, c’est Khaled lui-même. Astucieusement, un petit documentaire intelligent présente l’artiste en ouverture de la soirée : des images inédites, Oran-Khaled, Khaled-Oran sur un texte simple et clair, le tout signé Timgad Productions. Malin : une chanson nouvelle,  » Mon éternelle « , dédiée à la ville d’Oran, vient terminer en beauté la première partie du spectacle.

Et comme toujours, on reste saisi par la formidable présence de Khaled, sa manière d’exister simplement sur scène comme chez lui, d’habiter les lieux, d’être lui-même, tout naturellement, sans entrave et sans retenue. Affectif, déchiré, sincère dans sa voix comme dans son comportement, le tout signant un étonnant spectacle réglé au millimètre où le ballet des lumières répond exactement à la pulsation de la salle, emportée par le rythme.

Et on quitte la salle avec au coeur un sentiment de liberté et de gratitude, comme d’avoir partagé un moment exceptionnel avec un être exceptionnel. Chapeau, l’artiste !