
Un immeuble de seize étages en construction s’est effondré ce vendredi à Nairobi, la capitale du Kenya, provoquant une vive mobilisation des services de secours et ravivant les inquiétudes récurrentes sur la sécurité des chantiers et des bâtiments dans la ville.
Le drame s’est produit dans le quartier de South C, une zone urbaine dense et en pleine expansion immobilière. D’après les premières informations, plusieurs personnes se trouvaient à l’intérieur du bâtiment au moment de l’effondrement et ont été prises au piège sous les décombres. Des équipes de secours, appuyées par des volontaires et des riverains, ont immédiatement été déployées sur le site pour tenter de retrouver d’éventuels survivants.
À ce stade, aucun bilan officiel n’a été communiqué, ni sur le nombre de victimes potentielles ni sur les causes exactes de l’accident.Les autorités kényanes précisent que les opérations de recherche se poursuivent et qu’une enquête sera lancée dès que les conditions de sécurité le permettront.
Un phénomène récurrent à Nairobi
Cet effondrement s’inscrit dans une série de drames similaires qui frappent régulièrement la capitale kényane. À Nairobi, la forte pression démographique et la demande croissante de logements ont favorisé une urbanisation rapide, souvent au détriment du respect strict des normes de construction. Des promoteurs peu scrupuleux sont régulièrement accusés de contourner les réglementations, d’utiliser des matériaux de mauvaise qualité ou de ne pas respecter les études techniques obligatoires.
En 2015, l’effondrement d’un immeuble avait causé la mort d’au moins 15 personnes, suscitant une onde de choc nationale. À la suite de cette tragédie, la présidence avait ordonné un audit général des bâtiments à travers le pays afin d’évaluer leur conformité aux codes de construction en vigueur. Les conclusions de cet audit avaient été particulièrement alarmantes : l’Autorité nationale de la construction avait alors estimé que 58 % des bâtiments de Nairobi n’étaient pas aptes à être habités, mettant en lumière l’ampleur des défaillances structurelles et du laxisme dans le secteur immobilier.
Des réformes insuffisantes
Malgré ces constats et les promesses de réformes, la situation semble avoir peu évolué. Les effondrements d’immeubles continuent de faire régulièrement la une de l’actualité, causant des pertes en vies humaines, des blessés et d’importants dégâts matériels. En octobre 2024, un immeuble de sept étages s’était déjà effondré à Nairobi, relançant le débat sur l’efficacité des mécanismes de contrôle et de sanction.
Pour de nombreux observateurs, ces drames successifs traduisent un déficit persistant de gouvernance urbaine, marqué par une application inégale des lois, la corruption et le manque de suivi technique des chantiers. L’effondrement de ce nouvel immeuble remet une fois encore au premier plan la question de la sécurité des constructions au Kenya, et la responsabilité des autorités comme des promoteurs dans la protection des populations urbaines. Les prochains jours devraient permettre d’établir les causes du sinistre et, peut-être, de déterminer si ce drame conduira enfin à des mesures plus contraignantes et durables.





