Kenya Airways: Une « erreur humaine » à la base du crash de Douala

L’ancien ministre camerounais des Transports, Dakolé Daïssala, a déclaré qu' »une cause humaine » a été à l’origine du crash du Boeing 737-800 de la compagnie kenyane de transport aérien survenu à Mbanga Pongo, une clairière non loin de l’aéroport international de Douala, ville portuaire du Cameroun, dans la nuit du 4 au 5 mai 2007.

« Nous savons que c’est une erreur humaine. Puisqu’on voulait incriminer notre administration aéronautique. Au Cameroun, on est plus prompt à se livrer à des fantasmes qu’à gérer sereinement une situation. En matière d’aéronautique, nous n’avions pas le droit de dire des choses tant que tous les éléments d’appréciation n’étaient pas réunis. Donc, nous avons laissé les techniciens faire leur travail », a dit M. Daïssala, dans une interview accordée à un quotidien privé camerounais

M. Daïssala, ancien prisonnier politique et leader du Mouvement pour la défense de la République (MDR, allié au pouvoir), limogé du gouvernement le 7 septembre 2007, était ministre des Transports au moment de ce crash qui a coûté la vie aux 114 occupants de l’avion, dont 35 Camerounais.

« Nous avons retrouvé les boîtes et les avons envoyées pour décryptage à Sarajevo, en Bosnie. Il y a deux boîtes: celle qui enregistre les paramètres de vol (flight data recorder) et la deuxième boîte qui enregistre les derniers mots des pilotes dans le cockpit (cockpit data recorder). On les a retrouvées et cela nous a permis de savoir que le pilote a dit à son co-pilote: « Attention nous sommes en train de nous retourner, il faut mettre le pilotage automatique pour redresser l’avion ».

« Le jeune co-pilote ne l’a pas fait. Ce qu’on a pu entendre au dernier moment c’est « We are crashing « . La catastrophe est arrivée », a précisé Dakolé Daïssala au journal « La Nouvelle Expression ».

Pour l’ancien ministre, « l’administration camerounaise n’y est pour rien, dans la mesure où on a demandé au pilote de ne pas décoller pendant que le temps est orageux ».

Le Boeing 737-800 de Kenya Airways assurant la liaison Abidjan- Naïrobi-Dubaï via Douala avait brusquement disparu des écrans radars, deux minutes après son décollage de l’aéroport international de Douala où sévissait un violent orage.

En attendant les résultats officiels des enquêtes, les déclarations de l’ancien ministre camerounais des Transports apparaissent comme les premières « vérités » sur le crash du Boeing de Kenya Airways survenu au Cameroun en mai dernier.

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