Kenenisa Bekele, l’héritier de Gebreselassié

Kenenisa Bekele rêvait de réaliser un parcours comparable à celui qu’il considère comme un maître, Hailé Gebreselassié. En devenant quadruple champion du monde du 10 000 m à Berlin, où se déroule les championnats du monde d’athlétisme, l’athlète éthiopien s’offre le même palmarès que son célèbre compatriote.

Le « petit prince du cross » est désormais le roi du 10 000 m. En remportant lundi à Berlin, le championnat du monde, Kenenisa Bekele a rejoint son idole Hailé Gebreselassié au firmament des étoiles de l’athlétisme. A 27 ans, l’Ethiopien s’est imposé pour la quatrième fois (2003, 2005 et 2007) sur le 10 000 en établissant un record à 26’46″31. Un palmarès qu’il partage désormais avec Hailé Gebreselassié, le modèle auquel on ne cesse de le comparer depuis ses débuts dans la course de fond. « Quand j’ai vu Hailé courir, j’ai pensé que peut-être, un jour, je pourrais être comme lui », confiait il y a quelques années Kenenisa Bekele à la BBC. Il n’était alors qu’un jeune champion de cross qui attendait de faire ses preuves sur les pistes internationales d’athlétisme. Ses performances sont néanmoins déjà édifiantes. En 2002, il réalise un doublé inédit dans les épreuves de cross-country : il rafle la médaille d’or aussi bien sur le court (4 à 6 km) que sur le long (10 à 12 km). Ce même scénario se répètera en 2003 et en 2004. Depuis près d’une décennie, Bekele règne en maître sur le cross-country.

Un exemple avant tout

Quand le coureur de fond arrive enfin sur les pistes, la route des deux champions ne cessera de se croiser. En 2003, il s’impose aux championnats du monde de Paris sur 10 000 m face à Gebreselassié, le «champion absolu» selon lui. Plus tard, le jeune athlète parvient à pulvériser les records de Hailé Gebreselassié sur 5 000 et 10 000. Aux jeux Olympiques d’Athènes, les deux hommes s’opposent de nouveau sur 10 000 mètres et donnent la preuve, s’il était nécessaire, de l’estime qui les lie au-delà de leur rivalité sportive. Les Ethiopiens Kenenisa Bekele, Sileshi Sihine et Hailé Gebreselassié font, ce jour-là, la course en tête et visent une victoire par équipe. Alors qu’ils sentent leur aîné s’essouffler, les deux premiers ralentissent l’allure pour lui permettre de les rattraper. Gebreselassié finit cinquième après avoir porté ses compatriotes vers la victoire et Bekele remporte sa première médaille olympique. Le passage de témoin entre les deux surdoués de la course de fond se confirme. Quatre ans plus tard, Bekele et Gebreselassié sont rivaux pour la dernière fois autour de la flamme olympique à Pekin. Hailé Gebreselassié, qui n’a plus rien à prouver finit sixième. Et surtout depuis Athènes, ce dernier se concentre sur le semi-marathon et le marathon. Bekele, lui, s’offre une deuxième victoire olympique.

En devenant l’égal, en termes de performance sur 10 000 m, de celui qu’il considère comme un mentor, Kenenisa Bekela n’a réalisé qu’une partie de ses ambitions. D’autres défis l’attendent. Comme celui de reconduire sa performance aux J.O de Pékin ou il s’est imposé à la fois sur le 5 000 et le 10 000 m.