
Les Gardiens de la Révolution iraniens annoncent avoir saisi, samedi 30 novembre, un navire battant pavillon de l’Eswatini transportant environ 350 000 litres de carburant de contrebande dans le Golfe Persique. Treize marins, originaires d’Inde et d’un pays voisin non identifié, ont été arrêtés. Puis le navire escorté vers le port de Bouchehr pour déchargement de la cargaison.
Selon le commandant Heydar Honarian-Mojarrad des Gardiens de la Révolution d’Iran, cette interception s’inscrit dans la lutte de Téhéran contre un trafic de carburant devenu endémique, dopé par les subventions qui maintiennent les prix de l’essence parmi les plus bas au monde. Les autorités iraniennes affirment que des millions de litres de carburant subventionné quittent illégalement le pays chaque année, alimentant un marché noir régional très lucratif.
Le choix du pavillon eswatinien attire l’attention. Ce petit royaume d’Afrique australe, sans accès à la mer, a développé un registre maritime controversé. Généralement utilisé par des navires impliqués dans des activités à risque ou sous sanctions. Son cadre juridique flou et l’absence d’adhésion aux principales conventions maritimes internationales en font un pavillon de complaisance prisé par certains armateurs cherchant à contourner les contrôles.
Contrebande ou géopolitique
Les États-Unis, dont la marine surveille étroitement la zone avec des drones de reconnaissance, ont réaffirmé le principe de libre navigation commerciale en haute mer. Le commandement central américain suit activement la situation En effet, il est conscient que toute perturbation majeure du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a des répercussions économiques mondiales.
Cet épisode intervient dans un contexte de fortes tensions maritimes dans le Golfe Persique, où l’Iran multiplie les arraisonnements de navires au nom de la lutte contre la contrebande ou de la défense de ses eaux territoriales. Ces opérations sont régulièrement dénoncées par les pays occidentaux. Ils y voient un moyen de pression géopolitique autour du détroit d’Ormuz, axe stratégique pour le commerce mondial de pétrole.



