
Des publications relayées sur les réseaux sociaux affirment que le Maroc aurait refusé d’envoyer des avions bombardiers d’eau pour aider l’Espagne à lutter contre les incendies. Les autorités espagnoles ont officiellement démenti ces allégations, précisant qu’aucune demande d’assistance n’avait été adressée à Rabat. Cette mise au point intervient alors que plusieurs pays du Maghreb, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc, sont eux-mêmes confrontés à une saison particulièrement active des feux de forêt, due par des températures exceptionnellement élevées.
Les autorités espagnoles ont réfuté les informations diffusées sur plusieurs réseaux sociaux selon lesquelles le Maroc aurait refusé de participer aux opérations de lutte contre les incendies qui touchent différentes régions du pays. Selon le ministère espagnol de l’Intérieur, aucune demande officielle d’assistance n’a été adressée aux autorités marocaines.
Madrid précise les conditions de l’assistance internationale
Les publications, largement relayées sur X, Facebook et Instagram, soutenaient que Rabat avait décliné une sollicitation de Madrid alors que plusieurs pays étrangers étaient déjà engagés dans les opérations de secours. Le gouvernement espagnol affirme que cette version des faits est inexacte. Le ministère espagnol de l’Intérieur a indiqué à EFE Verifica qu’aucune requête n’avait été transmise au Maroc.
Les autorités précisent que l’absence d’avions bombardiers d’eau marocains dans le dispositif espagnol ne résulte donc pas d’un refus, mais simplement de l’absence de demande officielle. Pour faire face aux incendies, l’Espagne a activé le Mécanisme européen de protection civile, qui permet aux États participants de mettre à disposition des moyens humains et matériels en cas de catastrophe. Ce dispositif a permis le déploiement de six avions bombardiers d’eau en provenance de la Grèce, de l’Italie et de la Turquie.
Le Portugal et plusieurs pays européens mobilisés
En complément des moyens aériens, le Portugal a envoyé 134 secouristes ainsi que 41 véhicules spécialisés. Des équipes européennes étaient également prépositionnées en Espagne avant le déclenchement de cette nouvelle vague d’incendies, dans le cadre des dispositifs de prévention mis en place pour la saison estivale. Les autorités espagnoles indiquent que seuls les États officiellement sollicités interviennent dans le cadre du mécanisme européen de protection civile.
Alors que cette rumeur circulait sur les réseaux sociaux, les trois principaux pays du Maghreb faisaient eux-mêmes face à une multiplication des incendies. Depuis la mi-juillet, l’Algérie, la Tunisie et le Maroc enregistrent une hausse des départs de feu face à des températures qui dépassent 47°C, avec des pointes proches de 49°C. Les conditions météorologiques sont aggravées par les importantes précipitations enregistrées durant l’hiver et le printemps.
L’Algérie enregistre le bilan humain le plus lourd
Cette végétation abondante s’est progressivement desséchée sous l’effet des vagues de chaleur, favorisant la propagation rapide des incendies. En Algérie, le ministère de l’Intérieur a annoncé un bilan officiel de six morts liés aux incendies depuis le début de l’été. Plus d’une centaine de personnes ont également été hospitalisées.
La Protection civile algérienne recense 1 437 incendies depuis le 1er juillet, dont 465 feux de forêt répartis dans 35 wilayas. Depuis le 1er mai, 3 719 départs de feu ont été enregistrés, contre 1 501 durant la même période de l’année précédente. Plus de 19 000 agents de la Protection civile, appuyés par l’Armée nationale populaire et des moyens aériens, sont mobilisés.
Près de 200 mille hectares de forêts partis en fumée
En Tunisie, environ 4 400 hectares de forêts et de maquis ont été détruits entre le 1er mai et le 23 juillet, contre 2 705 hectares un an plus tôt. Au Maroc, l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) indique avoir recensé 310 incendies entre le 1er janvier et le 20 juillet 2026. Ces sinistres ont détruit environ 1 850 hectares. La région de Souss-Massa demeure la plus touchée avec près de 600 hectares parcourus par les flammes.
Selon les données de l’Office européen de suivi des feux de forêt (EFFIS), les superficies brûlées restent nettement plus importantes dans plusieurs pays méditerranéens, avec plus de 104 000 hectares parcourus par les flammes en Espagne, 42 178 hectares en France, 29 224 hectares au Portugal et 20 291 hectares en Italie.




