Îles Eparses : un contentieux vieux de 40 ans entre la France et Madagascar

îles Eparses (DR)

Les îles Eparses, situées dans le canal du Mozambique, font à nouveau l’objet de débats en France et à Madagascar. Les deux pays se disputent la souveraineté de ces quatre îles, échouées autour de l’île Rouge, depuis le début des années 1970, suite à un appel du Président Ratsiraka.

L’épineux dossier des îles Eparses refait surface dans le débat public. Voilà 40 ans que la France et Madagascar se disputent la souveraineté des quatre petites îles situées dans le Canal du Mozambique : île Europa, Bassas da India, les îles Glorieuses et l’île Juan de Nova.

Habitées par quelques scientifiques et militaires, les îles Eparses sont, officiellement, françaises, mais revendiquées par Madagascar. Outre les dimensions stratégique, économique et environnementale, les îles Eparses regorgeraient d’importants gisements de pétrole, d’où l’acharnement de ces deux pays à vouloir la mainmise sur ces îles pourtant bel et bien situées autour de Madagascar !

îles Eparses (DR)

L’origine de la brouille remonte à 1960, lorsqu’en juin, alors que Madagascar prend son indépendance, les îles Eparses, elles, restent françaises. Une décision prise en vertu d’un décret adopté trois mois plus tôt. Au début des années 1970, le Président Ratsiraka revendique la souveraineté des autres îles. Puis, en 1979, les Nations-Unies, à travers une résolution, invitent la France à restituer ces îles à la Grande île. Une demande restée vaine. Pourtant, la question dite des « îles malgaches » était encore, en avril, à l’ordre du jour, lors de la session de l’Assemblée générale de l’ONU, mais elle est à chaque fois reportée à l’année suivante. La raison, ce diplomate malgache pense la connaître : « Il y a sans doute une entente tacite entre les gouvernements français et malgache », a-t-il confié à RFI.

Guerre de conférences

Si le débat a été mis entre parenthèses ces dernières années, il a fait un nouveau bond sur le devant de la scène, notamment depuis la campagne électorale à Madagascar. Par ailleurs, les syndicats des diplomates et des enseignants chercheurs malgaches ont organisé, jeudi 24 avril, une conférence avec pour thème général : la souveraineté de Madagascar sur ces îles. Harimanana Raniriharinosy, maître de conférences en droit international à l’Université d’Antananarivo, est on ne peut plus direct dans ses déclarations. Selon lui, la France « a volé ces îles au trésor naturel de Madagascar », rapporte L’Express de Madagascar. Tel un écho à la conférence-débat qui s’est déroulée au ministère des Affaires étrangères à Antananarivo, côté français, on organisait aussi, au CNRS à Paris, les 28 et 29 avril, un colloque sur l’avenir de ces îles.

Le Président malgache, Hery Rajaonarimampianina, récemment élu, a récemment déclaré qu’il envisageait une cogestion de ces îles. Mais, pour l’heure, aucune négociation n’a encore été entamée avec Paris. La gestion de ces îles est confiée depuis 2005 à l’administrateur des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).