
Une nouvelle coalition internationale tente de reprendre l’initiative face à la montée en puissance des groupes armés en Haïti. L’arrivée de premiers renforts étrangers marque le lancement d’une stratégie présentée comme plus structurée et coordonnée.
Le paysage sécuritaire haïtien voit un déploiement progressif de la Force de répression des gangs (FRG), une initiative internationale destinée à reprendre le contrôle face à la violence armée. Ce, avec l’arrivée d’un premier contingent de soldats tchadiens à Port-au-Prince. Ce déploiement intervient deux semaines seulement après le retrait des troupes kényanes, dont la mission n’a pas permis de stabiliser durablement la situation.
Volonté de partage des responsabilités
À terme, jusqu’à 5 500 militaires issus de plusieurs régions du monde devraient être mobilisés d’ici octobre 2026. La stratégie repose sur une coopération étroite avec la Police nationale d’Haïti et les forces armées locales. L’accent est mis sur des opérations ciblées basées sur le renseignement, la sécurisation des axes stratégiques et la protection des civils. Le respect des droits humains est également présenté comme un pilier fondamental.
L’intervention de la FRG bénéficie du soutien logistique et stratégique d’organisations comme les Nations unies. Ce cadre multilatéral vise à renforcer la légitimité de la mission, tout en coordonnant les efforts pour éviter les erreurs du passé. La diversité des contingents attendus, provenant notamment d’Afrique, des Caraïbes et d’Asie, reflète une volonté de partage des responsabilités face à une crise qui dépasse les frontières haïtiennes.
Les gangs continuent de dicter leurs lois
Cependant, cette mobilisation intervient dans un climat de grande tension. Dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, les gangs continuent de contrôler des territoires entiers, imposant leur loi aux populations locales. Des régions comme l’Artibonite restent également fortement affectées par l’insécurité. Les enlèvements, les affrontements armés et les blocages de routes entravent la vie quotidienne et l’activité économique. Malgré les efforts précédents, la situation demeure critique.
L’échec relatif de la mission multinationale précédente, dirigée par le Kenya, pèse lourdement sur les attentes entourant la FRG. Beaucoup d’Haïtiens s’interrogent sur la capacité réelle de cette nouvelle force à produire des résultats tangibles. La confiance dans les interventions étrangères a été fragilisée par des promesses non tenues et des résultats jugés insuffisants.




