
La CEDEAO mise sur l’expérience diplomatique de l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, nommé le 25 mars négociateur en chef pour renouer le dialogue avec les pays de l’Alliance des États du Sahel.
L’intégration régionale ouest-africaine joue une carte décisive de son avenir. Mercredi 25 mars, l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté a été officiellement investi dans ses fonctions de négociateur en chef de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Sa mission, validée par le président en exercice de l’organisation, le Sierra-Léonais Julius Maada Bio, consiste à renouer le fil du dialogue avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, désormais regroupés au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Une mission de médiation aux enjeux multiples
Fort de son expérience de diplomate et d’ancien secrétaire exécutif de la Cédéao, Lansana Kouyaté hérite d’un dossier complexe. Son mandat, initialement prévu pour une durée de trois mois, s’articule autour de deux axes majeurs. Il s’agit d’abord de faciliter un éventuel retour des pays de l’AES au sein de la famille régionale, alors que ces derniers ont officiellement acté leur retrait en janvier 2025.
Parallèlement, le médiateur guinéen doit préparer le terrain pour une séparation organisée et à l’amiable si le divorce s’avère définitif, afin d’éviter une rupture brutale qui léserait les populations civiles.
Préserver les acquis de l’intégration régionale
L’un des principaux défis de Lansana Kouyaté sera de répondre aux demandes de dérogations formulées par Bamako, Niamey et Ouagadougou. Malgré leur départ, les pays de l’AES souhaitent maintenir certains liens vitaux, notamment la libre circulation des biens et des personnes, ainsi que l’accès aux financements de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC).
La coopération sécuritaire dans la lutte contre le terrorisme demeure également un point de convergence essentiel que le nouveau négociateur devra s’efforcer de sanctuariser pour garantir la stabilité de l’espace sahélien.
Le casse-tête du transfert des institutions
Au-delà de la diplomatie politique, la nomination de Lansana Kouyaté intervient au moment où la CEDEAO entame la réorganisation de ses structures techniques. Le départ des pays de l’AES impose le transfert de plusieurs institutions stratégiques actuellement basées au Sahel.
À titre d’exemple, l’Organisation ouest-africaine de la santé devrait quitter le Burkina Faso pour Abidjan, tandis que le Centre de la gestion des ressources en eau est attendu en Guinée. Le médiateur devra veiller à ce que ces mutations administratives ne rompent pas définitivement les canaux de coopération technique indispensables à la région.




