Guinée : l’opposition accuse Alpha Condé de fausser les élections

La recomposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) reste toujours conditionnée par les leaders politiques de l’opposition guinéenne, réunis au sein du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la transition et l’Alliance pour la Démocratie et le Progrès (ADP), afin de se présenter aux élections législatives. Ils l’ont réitéré, ce jeudi, lors d’une conférence de presse qu’ils ont tenue à Conakry.

(De notre correspondant)

« Cette condition est indiscutable », à en croire les opposants guinéens qui accusent le pouvoir d’Alpha Condé d’être à la base du blocage actuel du processus électoral. « L’ADP et le Collectif rappellent que le blocage actuel du processus électoral est également lié à l’intransigeance du pouvoir qui s’oppose obstinément à toute recomposition de la CENI, violant ainsi les dispositions légales en la matière et refusant tout véritable dialogue avec l’opposition », ont-ils indiqué dans une déclaration commune.

A cet effet, selon les opposants « la sortie de crise est donc conditionnée par le rétablissement de la parité entre mouvance présidentielle et opposition au sein de la CENI ainsi que par le règlement de la question de la présidence de cet organe dont la compétence et l’impartialité sont les gages d’élections crédibles et apaisées ».

L’opposition déterminée à exiger des élections justes

Cependant, ils se disent déterminés de s’opposer par les moyens légaux à l’organisation de toute élection qui ne présenterait pas des garanties réelles d’équité et de transparence. Ils appellent ainsi le peuple de Guinée à rester mobilisé pour faire de la Guinée un véritable état de droit et une nation réellement démocratique.
S’agissant de la mission des experts de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), qui devraient se rendre au cours de cette semaine à Conakry pour une troisième fois, les leaders se félicitent de l’annulation de cette mission dont l’objectif était de permettre à l’OIF de participer à la mise en œuvre des recommandations formulées dans son dernier rapport de vérification et de contribuer au transfert des données de la SAGEM avec l’intention manifeste d’apporter, dans cette opération, une assistance technique aux sociétés Waymark et Sabary.

« L’ADP et le Collectif s’étonnent que l’OIF, en programmant cette mission, ait ignoré leur position clairement exprimée lors de l’atelier de restitution du 21 juillet dernier ainsi que le contenu de leur déclaration conjointe publiée le 26 juillet qui exigent la mise en œuvre immédiate des démarches suivantes : l’annulation du contrat Waymark en raison à la fois des conditions irrégulières de passation du marché y afférent et des insuffisances et dysfonctionnements importants mis en évidence ; le recours sans délai à un appel à la concurrence internationale pour le choix, en toute transparence, d’un nouvel opérateur technique doté de la compétence requise et de références avérées en matière d’établissement et de mise à jour de fichiers électoraux.

Ainsi, l’ADP et le Collectif considèrent-ils, qu’à ce stade, le mandat de vérification confié à l’OIF est arrivé à son terme. Les constats faits lors des évaluations précédentes ayant déjà établi, de manière irréfutable, l’incompétence et l’inexpérience de Waymark pour la conduite d’opérations de révision de liste électorale selon des standards internationaux », ont-ils fait remarquer.

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