Guinée : 11 personnes inculpées pour complicité de terrorisme à Siguiri, Mandiana et Kankan


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Un homme armé (illustration)
Un homme armé (illustration)

La Guinée intensifie sa lutte contre la menace terroriste. La justice a inculpé onze personnes soupçonnées de liens avec des réseaux extrémistes actifs dans la sous-région. Ces arrestations, menées dans plusieurs localités du pays, illustrent une vigilance accrue face aux risques d’infiltration.

Selon un communiqué du procureur général Fallou Doumbouya, les interpellations ont été réalisées en coordination avec les forces de défense et de sécurité dans les préfectures de Siguiri, Mandiana et Kankan, ainsi qu’à Conakry. Les autorités évoquent une opération ciblée visant à démanteler des relais locaux susceptibles de faciliter l’implantation de groupes terroristes. Cette procédure judiciaire s’inscrit dans un contexte régional marqué par l’expansion des mouvements armés et par la multiplication des alertes sécuritaires aux frontières guinéennes.

Un réseau transnational aux portes du pays

Le profil des personnes arrêtées souligne la dimension transfrontalière de la menace qui pèse sur la Guinée. Le groupe est composé de sept Maliens, deux Nigériens, un Burkinabè et un seul ressortissant guinéen. Parmi eux, la figure de Fotigui Daou, de nationalité malienne, retient particulièrement l’attention des enquêteurs. Interpellé à Kankan, il est soupçonné d’appartenir à une cellule dormante affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM). Lors de son interrogatoire, l’homme a reconnu avoir participé à une opération de libération d’otages contre rançon. Il a confirmé ainsi son implication directe dans le financement d’activités terroristes.

La radicalisation numérique sous haute surveillance

Au-delà des cellules physiques, l’enquête a souligné l’importance des réseaux de radicalisation en ligne. La justice guinéenne a identifié plusieurs groupes de messagerie WhatsApp, aux noms évocateurs tels que « Charia » ou « Islam, l’unique solution finale au monde », comptant plus de 500 membres. Parmi les participants, 38 Guinéens ont été identifiés par les enquêteurs. Cette identification a conduit à l’arrestation d’Ibrahima Sow à Siguiri et de Cheick Ibrahima Savané à Conakry, présentés comme des membres particulièrement actifs de ces plateformes de propagande.

Une stratégie de veille pour contrer l’infiltration

La Guinée n’a pas encore subi d’attaque directe. Mais des experts, dont Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, estiment que le pays est entré dans une phase de « veille élevée ». La proximité avec le Mali et les zones minières de Siguiri et Mandiana renforcent la vulnérabilité du territoire. Les groupes terroristes cherchent à exploiter ces fragilités.
Les forces de sécurité ont déféré les personnes arrêtées devant le parquet de Kaloum. La justice les a placées sous mandat de dépôt pour complicité de terrorisme et association de malfaiteurs. Les autorités appellent désormais la population à renforcer la vigilance. Elles rappellent que la sécurité du territoire repose aussi sur la collaboration citoyenne face aux comportements suspects.

Fidele K
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Fidèle K est journaliste et rédactrice spécialisée, passionné par l'Afrique et ses dynamiques politiques, culturelles et sociales. A travers ses articles pour Afrik, elle met en lumière les enjeux et les réalités du continent avec précision et engagement.
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