
Le premier Global Capitalism Index, publié par l’Université de Virginie, place Maurice, les Seychelles et le Botswana aux trois premières places africaines. Derrière des scores très proches, les trajectoires divergent : Maurice a perdu plus de cinq points depuis 2009, quand les Seychelles en gagnaient seize.
Maurice, les Seychelles et le Botswana forment le trio africain le mieux classé par le Global Capitalism Index (GCI) 2025, publié par l’Université de Virginie. Sur les 161 pays classés, l’île Maurice arrive 48e avec 73,9 points sur 100, juste devant les Seychelles, 50e avec 73,4 points. Le Botswana se classe 52e, avec 72,7 points.
L’indice évalue les institutions qui permettent au capital de circuler et aux marchés de fonctionner, sans mesurer directement la richesse ou la croissance des pays. Il les regroupe en huit piliers, agrégés en un score unique : droits de propriété, politiques favorables aux marchés, ouverture du marché du travail, concurrence, sophistication des marchés de capitaux, solidité du système bancaire, création d’entreprises et libre circulation des biens et des capitaux.
À Maurice, un capitalisme tourné vers les échanges
Première du continent, Maurice relève de ce que le rapport appelle le « capitalisme commercial », l’une des quatre variétés de capitalisme qu’il identifie. Les pays de ce groupe misent d’abord sur la libre circulation des biens et des capitaux et sur la protection de la propriété, tandis que la création d’entreprises et l’ouverture du marché du travail y passent au second plan. Maurice y côtoie l’Espagne et le Portugal, en tête de cette famille, ainsi que le Chili, le Costa Rica et l’Afrique du Sud.
Les scores détaillés de l’île suivent ce schéma. Maurice obtient son meilleur rang mondial pour la libre circulation des biens et des capitaux (32e) et se place 36e pour les politiques favorables aux marchés. L’île recule au 62e rang pour la création d’entreprises et au 72e pour l’ouverture du marché du travail. Sa première place africaine s’accompagne cependant d’un recul dans la durée car le score mauricien atteignait 79,1 points en 2009, soit 5,2 points de plus qu’aujourd’hui.
Les Seychelles parmi les plus fortes progressions mondiales
Les Seychelles affichent un score presque identique à celui de Maurice, au terme d’une trajectoire inverse. Avec une hausse de 16,2 points depuis 2009, l’archipel enregistre la troisième plus forte progression mondiale, derrière le Zimbabwe (+18,5) et l’Algérie (+16,7). Le rapport associe cette évolution à des réformes institutionnelles menées dans la durée. Six des dix plus fortes progressions concernent des pays africains, parmi lesquels le Rwanda (+13,7), la Côte d’Ivoire et le Gabon.
Ce résultat repose toutefois sur des données incomplètes. Faute de chiffres sur l’ouverture du marché du travail et sur la concurrence, le score seychellois a été calculé sur six des huit piliers, et l’archipel n’a été rattaché à aucune des quatre familles de capitalisme du rapport. Sur les piliers disponibles, les Seychelles se distinguent par la sophistication de leurs marchés de capitaux (11e rang mondial) et par la protection des droits de propriété (33e), mais tombent au 100e rang pour les politiques favorables aux marchés.
Botswana : un score stable depuis 2009
Troisième du continent, le Botswana appartient selon le rapport au « capitalisme institutionnel », la famille qui obtient le score moyen le plus élevé (74,2 points). Ce modèle donne la priorité aux droits de propriété et à l’ouverture du marché du travail, la profondeur du secteur financier passant au second plan. Le Botswana y figure aux côtés de la Suisse, du Royaume-Uni et de l’Australie, mais aussi de la Namibie, du Kenya, du Ghana et du Sénégal. Les auteurs insistent sur les écarts de niveau possibles au sein d’une même famille car la Suisse et le Nigeria, qui partagent ce modèle, sont séparés de 55 points.
Le pays se classe 34e pour l’ouverture du marché du travail et 38e pour la concurrence, ses deux meilleurs rangs, mais seulement 112e pour la solidité de son système bancaire. Son score global a très peu varié depuis 2009, passant de 72,1 à 72,7 points.
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