Global Capitalism Index : le Maroc dans le top 10 africain


Lecture 3 min.
La Maroc capitaliste
La Maroc capitaliste

Le Maroc se classe 85e sur 161 pays dans le premier Global Capitalism Index de l’Université de Virginie. Neuvième pays africain du classement, il obtient ses meilleurs résultats dans les politiques favorables aux marchés et la finance, mais reste en retrait sur la concurrence et la circulation des biens et des capitaux.

Le Maroc fait partie des dix pays africains les mieux classés par le Global Capitalism Index 2025. Le royaume occupe la 85e place mondiale, avec un score de 61,8 sur 100. Il arrive neuvième à l’échelle africaine, derrière le Bénin et devant l’Égypte, classée 86e avec 60,9 points.

Publié par l’Université de Virginie, cet index entend mesurer les conditions institutionnelles du capitalisme, indépendamment du niveau de vie ou de la croissance des pays classés. Ses auteurs le distinguent des indices de liberté économique de l’Institut Fraser et de la Heritage Foundation, qui partent du principe qu’un État plus présent signifie moins de capitalisme. Le GCI combine huit dimensions, parmi lesquelles les droits de propriété, la concurrence, le système bancaire, la création d’entreprises, l’ouverture du marché du travail et la circulation des biens et des capitaux.

Des points d’appui dans la finance et les politiques publiques

Le score le plus élevé du Maroc concerne les politiques favorables aux marchés : 63,5 points, soit le 77e rang mondial. Son système bancaire obtient un résultat quasi identique (63,4 points, 76e rang), et c’est pour la sophistication des marchés de capitaux que le royaume décroche son meilleur classement, au 72e rang, avec un score plus modeste de 46,5 points. Il se situe aussi au 83e rang pour les droits de propriété et la propriété privée, avec 53,9 points.

Son plus mauvais rang concerne la concurrence car avec 55,5 points, le Maroc n’y occupe que la 117e place. Il se classe 101e pour la circulation des biens et des capitaux, avec 46,1 points, et 91e sur 123 pays notés pour l’ouverture du marché du travail, avec 39,7 points. Son score de 42,1 points pour la création et la croissance des entreprises le place au 78e rang, un niveau proche de son classement général.

Un rang continental à nuancer

La 85e place mondiale situe le Maroc devant plusieurs économies africaines, notamment l’Égypte, la Côte d’Ivoire, le Kenya et la Tunisie. Sa progression depuis 2009 reste modeste, avec un gain de 3,6 points. Sur la même période, l’Algérie, aujourd’hui 115e, a gagné 16,7 points, la deuxième plus forte hausse mondiale, et la Côte d’Ivoire 11,5 points.

Le rapport range le Maroc dans la famille du « capitalisme d’entreprise » (corporate capitalism), aux côtés du Japon, de la France, de la Corée du Sud et de la Tunisie. Ce modèle s’organise autour de grandes entreprises établies, adossées à des banques solides et à des marchés de capitaux développés ; la concurrence et la création d’entreprises y occupent une place secondaire. Les auteurs présentent cette typologie, établie sur les données de 2025, comme préliminaire.

Idriss K.Sow
Journaliste-essayiste mauritano-guinéen, il parcourt depuis une décennie les capitales et les villages d’Afrique pour chroniquer, en français, les réalités politiques, culturelles et sociales de l'Afrique
Newsletter Source préférée