
Le modèle de transformation industrielle développé par le Bénin continue de gagner en visibilité sur le continent africain. Cette fois, c’est la République centrafricaine qui est venue observer de près l’expérience de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), devenue en quelques années une référence continentale en matière de valorisation locale des matières premières et d’attractivité des investissements.
Une délégation centrafricaine composée de responsables publics, d’entrepreneurs et de représentants du secteur privé a effectué une mission d’immersion au sein de cette plateforme industrielle afin de mieux comprendre les mécanismes qui ont permis au Bénin de faire de l’industrialisation l’un des piliers de sa stratégie de développement économique.
Une immersion au cœur du modèle béninois
Organisée avec l’appui de MDF Bénin, cette visite a réuni des profils variés : représentants des administrations publiques, membres de la Chambre de commerce, dirigeants de petites et moyennes entreprises, responsables d’organisations patronales, spécialistes du dialogue public-privé ainsi que plusieurs femmes entrepreneures. Au programme figuraient des échanges techniques sur l’organisation de la zone industrielle, les procédures d’accueil des investisseurs, la gestion des infrastructures, les incitations offertes aux entreprises ainsi que les stratégies mises en œuvre pour développer des chaînes de valeur locales. Pour les visiteurs, l’objectif était moins de reproduire un modèle à l’identique que d’identifier des pratiques adaptables aux réalités économiques de la République centrafricaine.
Lancée dans le cadre des réformes économiques engagées par les autorités béninoises, la GDIZ s’est progressivement imposée comme le symbole de la nouvelle politique industrielle du pays. Développée dans le cadre d’un partenariat public-privé entre l’État béninois et le groupe Arise Integrated Industrial Platforms (Arise IIP), elle mise sur la transformation locale des matières premières plutôt que sur leur simple exportation. La zone accueille aujourd’hui des dizaines d’entreprises opérant notamment dans les filières du coton, de la noix de cajou, du soja, du bois ou encore du textile. Cette stratégie vise à accroître la valeur ajoutée produite localement, créer des emplois industriels et réduire la dépendance aux exportations de produits bruts. Les autorités béninoises présentent régulièrement la GDIZ comme un levier majeur de diversification économique, alors que le pays cherche à renforcer son tissu industriel et à améliorer sa compétitivité régionale.
Une source d’inspiration pour Bangui
Pour la République centrafricaine, dont l’économie repose encore largement sur l’exploitation des ressources naturelles peu transformées, cette mission d’étude procède de la volonté des autorités du pays de relancer le secteur productif. Le pays dispose d’importants atouts dans les domaines du bois, de l’agriculture, du coton, de l’élevage ou encore des ressources minières. Toutefois, le manque d’infrastructures industrielles, l’insuffisance des investissements et les difficultés sécuritaires limitent encore fortement la création de valeur sur place. L’expérience béninoise offre ainsi plusieurs pistes de réflexion, notamment en matière d’aménagement de zones économiques spécialisées, d’amélioration du climat des affaires et de mobilisation des investisseurs privés.
Au-delà de son caractère technique, cette visite illustre une tendance de plus en plus visible sur le continent : les pays africains cherchent désormais davantage à apprendre les uns des autres plutôt qu’à se tourner exclusivement vers des modèles venus d’Europe, d’Asie ou d’Amérique. Les échanges d’expériences entre administrations, agences de développement et acteurs économiques se multiplient autour de questions telles que l’industrialisation, la transformation agricole, la digitalisation des services publics ou encore les infrastructures.
En ouvrant ses portes à cette délégation centrafricaine, la GDIZ confirme son ambition de dépasser le cadre national pour devenir une plateforme de partage de bonnes pratiques. Pour le Bénin, cette reconnaissance constitue également un signal fort : son modèle industriel, encore jeune, commence à être perçu comme une référence susceptible d’inspirer d’autres économies africaines confrontées au même défi, celui de transformer davantage leurs richesses sur leur propre territoire.





