
À l’approche des fortes pluies, l’Agence béninoise de protection civile (ABPC), la Préfecture du Littoral et plusieurs acteurs techniques ont effectué une descente sur le terrain pour identifier les zones susceptibles de favoriser les inondations à Cotonou et dans les communes environnantes. Plusieurs dysfonctionnements des couloirs d’écoulement ont été constatés, notamment à Pahou, Hêvié et Womey.
Face au risque de fortes pluies, les autorités béninoises veulent prendre les devants. Ce mardi 18 août 2026, une mission conduite par le directeur général de l’ABPC, Abdel Aziz Bio Djibril, et le préfet du Littoral, Gilbert Déou Malé, a parcouru plusieurs zones sensibles de Cotonou et d’Abomey-Calavi afin d’évaluer l’état des principaux couloirs d’écoulement des eaux.
La mission a réuni les services de la Préfecture du Littoral, les services techniques des mairies de Cotonou et d’Abomey-Calavi, la Société des infrastructures routières et de l’aménagement du territoire (SIRAT), ainsi que la Direction générale du développement urbain (DGDU). Avant la descente, une séance de travail a permis de faire le point sur les secteurs considérés comme vulnérables et de définir les priorités d’intervention.

Sur le terrain, plusieurs situations préoccupantes ont été relevées. Au niveau du pont de Pahou, dans la commune de Ouidah, l’écoulement de l’eau, auparavant plus fluide, connaît désormais des difficultés et tend à provoquer des stagnations. À Hêvié, dans la commune d’Abomey-Calavi, la circulation de l’eau est très faible dans certains secteurs visités.
À Womey 1, toujours dans la commune d’Abomey-Calavi, le fonctionnement du canal d’écoulement présente des perturbations importantes, notamment sur le cheminement des eaux depuis Pahou vers Womey. Enfin, à Womey 2, les eaux stagnantes ont atteint les parties basses du bas fond et plusieurs habitations.

Selon les informations recueillies sur place, « l’extension des eaux aurait contraint environ 80 % » des populations des secteurs les plus touchés à abandonner leurs habitations.
Plusieurs pistes pour rétablir l’écoulement
Pour les autorités et les techniciens, l’enjeu est désormais d’intervenir sur les causes des perturbations. La SIRAT a « proposé d’examiner la possibilité d’un dragage de certains secteurs du bas-fond afin de restaurer les capacités d’écoulement ». Dans les zones difficiles d’accès, le recours à des pelles amphibies pourrait également être étudié.
La question de la libération des exutoires et de la préservation des zones humides a également occupé une place importante dans les échanges. L’occupation de certains espaces destinés à l’évacuation naturelle des eaux, notamment par des constructions, peut en effet perturber leur circulation et à accentuer les risques de stagnation.

Les acteurs techniques ont également insisté sur la nécessité de considérer les différents points critiques comme les maillons d’un même système. L’eau ne s’arrête pas aux limites administratives et son écoulement doit donc être analysé à l’échelle de l’ensemble du bassin concerné.
Le Programme d’assainissement pluvial de la ville de Cotonou
Dans cette perspective, le pont de Djonou à Houédonou, identifié par les services techniques de la mairie d’Abomey-Calavi comme un point important dans la dynamique d’écoulement, fera l’objet d’investigations complémentaires.
À l’issue de la tournée, plusieurs priorités ont été retenues. Il s’agit entre autres, du rétablissement et l’entretien du lit mineur des cours et canaux d’eau. Une séance technique qui va réunir la SIRAT, les services techniques des communes concernées, la DGDU, l’ABPC, la Préfecture et les autres structures compétentes doit permettre de localiser précisément les points de blocage, d’identifier les exutoires et de hiérarchiser les interventions.
Ces interventions ponctuelles s’inscrivent dans un chantier plus large. Le Programme d’assainissement pluvial de la ville de Cotonou (PAPC), l’un des projets phares du gouvernement, prévoit la construction de 46 km de collecteurs primaires, 90 km de collecteurs secondaires et de caniveaux latéraux de rue, l’aménagement et le pavage de 49 km de rues, ainsi que la création de 7 bassins de rétention, pour un coût total évalué à 264 milliards de FCFA, financé notamment à hauteur de 89,1 millions d’euros par la Banque mondiale. Selon les projections officielles, il faudrait encore compter 36 mois de travaux avant que Cotonou ne soit durablement mise à l’abri des inondations cycliques qui frappent la ville chaque saison des pluies

Les populations appelées à jouer leur rôle
La prévention des inondations ne reposera toutefois pas uniquement sur les interventions techniques. Le préfet du Littoral, Gilbert Déou Malé, a rappelé l’importance de la participation des populations dans la préservation des couloirs d’écoulement, des exutoires et des zones humides. « Les populations riveraines ont un rôle déterminant à jouer dans la préservation des couloirs d’écoulement, des exutoires et des zones humides », a déclaré Gilbert Déou Malé.
Pour rappel, dans la nuit du 29 au 30 juin, de fortes pluies se sont abattues sur Cotonou et sa périphérie, avec d’importantes inondations à Abomey-Calavi et dans plusieurs quartiers de la capitale économique. Plusieurs axes routiers ont été submergés, notamment le pont de Houédonou, principale porte d’entrée de Cotonou, où 141 mm d’eau ont été relevés, non loin de l’université d’Abomey-Calavi.




