Gbagbo muet face à l’avancée des forces pro-Ouattara

Les combattants pro-Alassane Ouattara marchent sur Abidjan, la capitale économique ivoirienne. Et son rival, Laurent Gbagbo, fait savoir qu’il n’est pas en fuite. Mais le chef de l’armée loyaliste, le général Philippe Mangou, a trouvé refuge à l’ambassade sud-africaine mercredi soir, quand le président sortant était censé s’adresser à ses compatriotes.

Laurent Gbagbo serait « dans sa résidence », selon la Radio télévision ivoirienne (RTI). La télévision nationale ivoirienne a ainsi démenti ce jeudi la rumeur selon laquelle le président sortant aurait trouvé refuge, notamment à l’ambassade sud-africaine à Abidjan, alors que les forces de son rival Alassane Ouattara, élu selon la commission électorale ivoirienne, se rapprochent de la capitale économique. Mercredi, Laurent Gbagbo devait s’exprimer sur les antennes de la RTI après le journal de 20h. Mais il n’est jamais apparu jamais sur les antennes de la télévision. Le porte-parole du gouvernement de Gbagbo, Ahoua Don Mello, a annoncé autour de 23h (GMT, heure locale) que Laurent Gbagbo reportait « à plus tard son adresse à la nation » après avoir souligné que ce dernier suivait avec « la plus grande attention (l’) évolution de la situation » en Côte d’Ivoire.

Le Conseil de sécurité a voté pour le départ de Gbagbo

Depuis ce lundi, les forces pro-Ouattara se rapprochent de la capitale économique, Abidjan. Après la capitale politique Yamoussoukro, le port de San-Pedro d’où est exporté le cacao ivoirien, est aux mains des combattants des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Elles seraient à moins de 150 km d’Abidjan, « aux portes » de la capitale, selon Alassane Ouattara qui s’est exprimé ce jeudi sur la chaîne TCI, la télévision du camp Ouattara. Le président ivoirien reconnu par la communauté internationale a appelé les éléments des Forces de défense et de sécurité, fidèles à Gbagbo, à rallier les FRCI. Le général Philippe Mangou, le chef d’Etat major de l’armée régulière de Côte d’Ivoire pro-Gbagbo, s’ est, lui, déjà réfugié depuis mercredi soir à l’ambassade sud-africaine. L’information a été confirmée ce jeudi par le ministre sud-africain des Affaires étrangères. L’officier serait accompagné de sa femme et de ses cinq enfants. L’Afrique du Sud a également appelé ce jeudi « toutes les parties à mettre un terme (aux violences) pour éviter une escalade des hostilités ». Le pays a par ailleurs voté mercredi la résolution 1975 des Nations unies. C’est la première fois qu’une résolution de l’Onu exige le départ de Laurent Gbagbo, président élu selon le Conseil constitutionnel mais perdant des élections du 28 novembre dernier selon la commission électorale ivoirienne.

Le bilan des violences post-électorales, selon les Nations unies, fait état d’au moins 460 morts et d’un million de déplacés depuis le début de la crise post-électorale le 2 décembre dernier.