
Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc poursuit son avancée avec de nouvelles démarches engagées sur les plans diplomatique et financier. Alors que les États membres de la CEDEAO ont signé un accord intergouvernemental en faveur de cette infrastructure énergétique, le Maroc a ouvert des discussions avec l’Export-Import Bank of the United States (Exim Bank) et la Banque mondiale afin de mobiliser les financements nécessaires. Long de près de 6 900 kilomètres, ce projet doit relier le Nigeria au Maroc en traversant treize pays d’Afrique de l’Ouest.
Le Maroc poursuit les démarches destinées à réunir les financements du gazoduc atlantique Nigeria-Maroc. Selon des informations rendues publiques, Rabat a engagé des discussions avec l’Export-Import Bank of the United States (Exim Bank), l’agence publique américaine chargée de soutenir les exportations des États-Unis. La Banque mondiale figure également parmi les institutions sollicitées.
Un projet présenté comme stratégique pour l’approvisionnement énergétique
L’ambassadeur du Maroc aux États-Unis, Youssef Amrani, a confirmé l’existence de ces échanges sans préciser le montant des financements recherchés ni les modalités de participation envisagées. De son côté, un porte-parole de l’Exim Bank a reconnu que des discussions préliminaires étaient en cours, tandis que la Banque mondiale n’a pas souhaité faire de commentaire. Selon les autorités marocaines, le contexte international renforce l’intérêt de cette infrastructure.
Les tensions affectant certaines routes énergétiques au Moyen-Orient sont présentées comme un facteur supplémentaire en faveur de la création d’un nouvel axe d’approvisionnement reliant les ressources gazières d’Afrique de l’Ouest au marché européen. Le futur gazoduc doit parcourir environ 6 800 à 6 900 kilomètres en longeant la façade atlantique du continent. Son tracé prévoit la traversée de treize pays d’Afrique de l’Ouest avant son arrivée au Maroc, où il sera raccordé au gazoduc Maghreb-Europe, déjà connecté au réseau gazier espagnol.
Une capacité annoncée de 30 milliards de mètres cubes
Le projet a franchi une nouvelle étape institutionnelle avec la signature, à Freetown en Sierra Leone, d’un accord intergouvernemental par les États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). L’annonce a été faite conjointement par l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc et la compagnie pétrolière nigériane NNPC. Les deux institutions indiquent que cet accord intervient après l’achèvement des études de faisabilité et des travaux de conception technique détaillée (FEED), qui constituent les principales phases préparatoires avant le lancement de la construction.
Les promoteurs du projet prévoient une capacité annuelle de transport pouvant atteindre 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Cette production doit alimenter les pays situés le long du tracé, ainsi que le marché marocain. Selon les informations communiquées, environ 15 milliards de mètres cubes pourraient également être destinés au marché européen grâce au raccordement avec le gazoduc Maghreb-Europe reliant le Maroc à l’Espagne. Cette interconnexion permettrait l’acheminement d’une partie du gaz nigérian vers le réseau européen.
Un investissement estimé à 25 milliards de dollars
Le coût global du projet est actuellement estimé à environ 25 milliards de dollars. Cette enveloppe comprend la construction des infrastructures terrestres et sous-marines ainsi que les équipements nécessaires à leur exploitation. Les promoteurs précisent que les travaux de construction ne pourront débuter qu’après la sécurisation des financements. Le calendrier actuellement présenté prévoit un lancement des travaux en 2028, tandis que les premières livraisons de gaz sont envisagées à partir de 2031, sous réserve de la conclusion des accords financiers et réglementaires.
Après la signature de l’accord intergouvernemental par les États de la CEDEAO, une nouvelle étape est attendue avec la conclusion d’un accord spécifique entre le Maroc et la Mauritanie. Selon les informations communiquées par les promoteurs, cette signature devrait intervenir en présence du président du Nigeria. La Mauritanie occupe une place importante dans le projet en raison de sa position géographique sur le tracé du gazoduc et de ses ressources gazières. Son implication est considérée comme une composante essentielle de la réalisation de cette infrastructure régionale.
Un projet énergétique lancé il y a près de dix ans
Le gazoduc Nigeria-Maroc avait été lancé à l’initiative du roi Mohammed VI et des autorités nigérianes il y a près d’une décennie. Depuis son lancement, plusieurs études techniques, environnementales et économiques ont été réalisées afin d’évaluer sa faisabilité. Présenté comme l’un des plus importants projets énergétiques du continent africain, il vise à renforcer l’intégration énergétique régionale, à faciliter l’accès au gaz naturel dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et à créer un corridor énergétique reliant les ressources gazières nigérianes aux marchés nord-africains et européens.




