Gabon : Ali Bongo et son tweet qui fait polémique

Le Président du Gabon, Ali Bongo, lors du discours du 31 décembre 2018

Le chef de l’Etat gabonais, Ali Bongo Ondimba, a fait une déclaration, ce lundi 29 avril 2019, sur Twitter. Un tweet qui a fini de créer une vive polémique.

Sans nouvelles depuis plus de trois semaines, le président de la République du Gabon, Ali Bongo Ondimba, annoncé absent du pays, a, selon une information publiée par France 24, reçu lundi le Premier ministre gabonais, Julien Nkoghe Bekalé. La rencontre, « annoncée sur Twitter » aurait eu lieu à Libreville.

Dans son « tweet de lundi est accompagné d’une photo où on le voit recevoir le Premier ministre », le chef de l’Etat du Gabon déclare avoir « longuement échangé ce lundi au Palais présidentiel à Libreville avec le Premier ministre (…).Nous avons passé en revue les dossiers prioritaires (…). Je lui ai rappelé la nécessité d’une action publique (…) qui conjugue efficacité économique et justice sociale ».

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Cette sortie est effectuée alors que le chef de l’Etat est annoncé à l’étranger, notamment entre Londres et les Pays-Bas, pour des raisons de santé. Suffisant pour que Jean-Gaspard Ntoutoume Ayi, signataire d’un « Appel à agir » avec neuf autres personnalités, lance auprès de l’AFP : « Il a disparu plus de trois semaines et réapparaît comme s’il avait disparu la veille ». Et de poursuivre : « La question que je pose, c’est : où était-il ? ». Reste à savoir si Ali Bongo est bien l’auteur du tweet.

L’on sait qu’au Gabon, suite à la décision de fermeture de deux organes de presse, en l’espace d’un mois, les journaux semblent avoir pris leurs distances quant aux informations liées au Palais. Le premier journal, Echos du Nord, a été sanctionné pour un article en rapport avec la présidente de la Cour constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo. Quant au second, L’Aube, il a été poursuivi pour un… poisson d’avril sur l’ancien directeur de Cabinet d’Ali Bongo, Maixent Accrombessi.

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Et c’est dans ce contexte que le Président Ali Bongo apparaît et disparaît, parle ou reste silencieux, même lorsque l’école est fermée. Le tout sans commentaire. Car au Gabon, un commentaire est passible de lourde peine, allant jusqu’à six mois d’interdiction à paraître, que n’hésite pas à infliger la Haute Autorité de la Communication.