France : La justice condamne les attentats racistes des Clandestini Corsi

Les douze membres du groupe corse Clandestini Corsi, qui avaient revendiqué sept attentats contre la communauté maghrébine commis en 2004, ont été condamnés mardi à des peines allant de six mois à douze ans de prison ferme. La cour spéciale des jeunes mineurs qui les a jugés a retenu les charges aggravantes de racisme et de terrorisme à leur encontre.

Clandestini Corsi fora. Les douze membres du groupe clandestin corse, qui voulaient mettre les « arabes dehors » (« Arabi fora »), ont été condamnés mardi à des peines allant de six mois à huit ans de prison ferme. Ils étaient jugés depuis le 2 octobre dernier pour une série de sept attentats commis en 2004 contre la communauté maghrébine, essentiellement marocaine, de l’Île de Beauté. Les jeunes hommes, âgés de 19 à 31 ans, les avaient revendiqués par téléphone et courrier. L’un d’entre eux dénonçait « le comportement d’une certaine minaurité (sic) magrhébine (sic) qui instaure une forme de délinquance urbaine qui se fait de plus en plus présente sur l’île », indique Le Nouvel Observateur.com.

Les « CC » avaient eu le loisir de préciser leurs revendications lors d’une conférence de presse tenue le 7 novembre 2004, dans le maquis de Haute Corse, dans la pure tradition des nationalistes locaux. A cette occasion, ils se sont déclarés « ni nationaliste, ni raciste », tout en précisant que leur objectif était de « ralentir le trafic de drogue » sur l’île. La cour spéciale d’assise des mineurs de Paris n’a pas tenu compte de cette ligne de défense réaffirmée par l’avocat du groupe clandestin. Elle a au contraire retenu les circonstances aggravantes de « racisme » et de « terrorisme » et pratiquement suivi à la lettre les réquisitions du parquet général.

Possibilité d’« éliminations physiques »

Entre mars et septembre 2004, les Clandestini Corsi ont commis sept attentats dans Bastia et ses environs. Ils ont visé des commerces et des restaurants, de même que le consulat marocain et la voiture de l’un de ses employés, un promoteur immobilier et une agence de la banque Wafa (Maroc). Cette année 2004, les renseignements généraux ont enregistré 81 actes racistes sur l’île, soit 48% du total des actes xénophobes en France. Le chiffre est retombé à 24 en 2005, soit 27% du total national.

Aux graffitis « Arabi fora » ont succédé au début des années 2000 les passages à l’acte. Lors de leur conférence de presse bucolique du 7 novembre 2004, le groupe clandestin avait d’ailleurs évoqué la possibilité d’« éliminations physiques ». En septembre 2003, le président d’une association culturelle musulmane avait retrouvé des trous faits à hauteur d’homme, lors d’une fusillade, sur les murs de son établissement. Le groupe terroriste a été démantelé en novembre 2004 par la division nationale antiterroriste (DNAT).

 Lire aussi :

La Corse anti-maghrébins ? Recrudescence des attaques contre la communauté

El Kantara, le pont entre la Corse et le Maroc : L’émission radiophonique se bat contre le racisme