France : la circulaire Guéant sur les étudiants étrangers abrogée

La circulaire dite circulaire Guéant, du nom de l’ex-ministre français de l’Intérieur, restreignant les possibilités pour les étudiants étrangers de travailler en France à la fin de leurs études a été abrogée ce jeudi.

Les étudiants étrangers sont en paix. La circulaire de l’ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant qui restreignait leur possibilité de travailler en France a été abrogée ce jeudi 31 mai, un an jour pour jour après sa création.

Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur a confirmé la suppression de la circulaire ce jeudi matin sur BFMTV. « Le texte doit être abrogé dans les heures qui viennent et sera remplacé par un autre », a-t-il indiqué. Après concertation avec les présidents des universités et grandes écoles, la nouvelle version « devrait permettre aux étudiants étrangers de ne plus être dans cette insécurité à quelques mois de la rentrée universitaire. C’est une chance pour eux et c’est aussi une chance pour notre pays », a souligné Manuel Valls. Les nouvelles directives ne permettent également plus aux préfets d’expulser les étudiants étrangers dont le titre de séjour a expiré.

Des diplômés très qualifiés n’ont pas pu travailler en France

La circulaire qui demandait aux préfets d’instruire « avec rigueur » les demandes d’autorisation de travail des étudiants, et d’exercer un « contrôle approfondi » des demandes de changement de statut des étudiants étrangers, avait été très contestée en France mais aussi à l’étranger. Plusieurs centaines de diplômés très qualifiés avaient été recrutés par des entreprises françaises mais n’avaient pu obtenir le changement du statut « étudiant » à « étranger ».

Les entreprises en question avaient ainsi dû renoncer à les recruter. C’est le cas du Marocain Nabil Sebti, diplômé de la prestigieuse école de commerce HEC, finalement contraint de quitter la France pour retourner au Maroc. Les étudiants étrangers ont été nombreux à avoir exprimé leur colère à l’encontre du texte. Une forte contestation qui a abouti à la naissance du Collectif 31 qui regroupe de nombreux étudiants. L’organisation a organisé plusieurs manifestations pour protester. Le Collectif 31 a d’ailleurs organisé une conférence de presse ce jeudi pour faire part de ses revendications.

Une promesse de François Hollande

L’abrogation de cette circulaire avait été promise par le candidat François Hollande. « Nous saluons cette décision qui est un engagement fort », s’est réjoui le vice-président du syndicat étudiant, l’Unef, Azwaw Djebara. Pour l’Unef, la suppression de la circulaire permet « d’obtenir un certain nombre d’avancées sur la question des autorisations provisoires de séjour pour faire en sorte que les étudiants ne soient pas obligés de la demander quatre mois avant, qu’il y ait une souplesse dans l’étude des dossiers (et) qu’il y ait une obligation de délais pour les préfectures ».

François Hollande avait également affirmé, le 26 janvier, que s’il était élu il organiserait un débat permettant de déterminer chaque année au Parlement ce que serait « l’immigration économique » et l’accueil des étudiants étrangers. En attendant, ces derniers peuvent ce soir dormir sur leurs deux oreilles.

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