France-Afrique : si j’étais le prochain président de la République…


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France et Afrique
France et Afrique

Si j’étais le prochain président de la République française, un vaste chantier m’attendrait : refonder les relations franco-africaines sur la confiance réciproque, le respect mutuel et une amitié historique renouvelée. Autant dire que le travail ne manquerait pas !

Ma première priorité serait de redynamiser la Francophonie. Elle ne serait plus seulement une affaire de chiffres, de sommets et de discours, mais deviendrait un véritable espace de coopération, porté par des actions concrètes. J’encouragerais notamment la candidature d’un ressortissant d’un grand pays francophone à la tête de ses institutions, afin de donner un nouvel élan à cette communauté linguistique et culturelle.

Je me rendrais rapidement dans un pays francophone d’Afrique pour y prononcer un discours historique mettant en valeur le continent, ses peuples, leur histoire et leur potentiel. Les discours seraient beaux, certes, mais les résultats devraient l’être tout autant !

Ma première ressource stratégique serait la diaspora africaine. Véritable pont entre les peuples et les cultures, elle serait pleinement associée au rapprochement entre la France et l’Afrique. Pourquoi chercher des intermédiaires à l’autre bout du monde quand certains possèdent déjà une connaissance approfondie des réalités françaises et africaines ?

Les binationaux, les immigrés africains, les réfugiés et même les personnes sans papiers représentent une richesse humaine trop souvent négligée dans les réflexions sur les relations franco-africaines. Leurs compétences, leurs expériences et leurs réseaux pourraient contribuer à mieux comprendre les réalités du continent et à nouer des partenariats plus pertinents.

Il serait temps de considérer cette richesse non comme un simple sujet de débat politique, mais comme une véritable force au service de la coopération. Je ferais de cette diaspora l’une de mes premières ressources pour mieux comprendre les réalités du continent. Quel dommage de disposer d’une telle expertise sans penser à la solliciter !

Ma deuxième priorité serait de défendre les droits de l’homme et la démocratie. J’encouragerais le respect des libertés fondamentales, condamnerais les régimes qui musèlent l’opposition et défendrais l’indépendance de la justice ainsi que la paix entre les nations.

Car la démocratie ne doit pas être un simple décor destiné à donner le change devant la communauté internationale ! Tout en respectant la souveraineté des États, je me montrerais ferme à l’égard des dirigeants qui bafouent les libertés, confisquent le pouvoir ou confondent les responsabilités publiques avec la propriété privée. Cette exigence s’appliquerait à tous, sans exception ni complaisance, car la défense des droits humains et des libertés fondamentales ne saurait être subordonnée aux seuls intérêts stratégiques de la France.

Ma troisième priorité serait de renforcer les échanges culturels entre la France et l’Afrique. Je soutiendrais les artistes, les écrivains, les étudiants et les créateurs des deux continents. La culture ne doit pas être une simple invitée des sommets diplomatiques, que l’on applaudit avant de l’oublier une fois les caméras éteintes !

Sous ma présidence, elle deviendrait un véritable trait d’union entre les peuples, au-delà des frontières et des préjugés hérités de l’histoire. Je ferais de la coopération culturelle un pilier de ma politique africaine, en favorisant les échanges artistiques, la circulation des œuvres et les initiatives portées par les jeunes générations.

Je serais également un ambassadeur des cultures africaines et de leurs manifestations sportives. Pour mener cette mission, je pourrais compter sur les écrivains, les artistes et les sportifs africains, notamment francophones. Après tout, la diplomatie ne se pratique pas uniquement autour d’une table : elle se joue aussi sur un terrain de football, sur une scène de spectacle et dans bien d’autres espaces de rencontre culturelle.

Mon quatrième axe prioritaire serait de développer les échanges économiques. Je m’attacherais à bâtir un partenariat entre la France et l’Afrique fondé sur des règles justes, transparentes et mutuellement avantageuses.

Ma priorité serait de promouvoir une économie plus humaine, attentive aux conditions de vie des populations africaines. Je plaiderais notamment pour une répartition plus équitable des richesses générées par les multinationales, afin que les pays et les populations qui contribuent à leur création puissent en bénéficier davantage.

Moi président, je chercherais à construire des relations privilégiées avec les pays africains, non pas en invoquant les privilèges du passé, mais en proposant une coopération tournée vers l’avenir, fondée sur le respect mutuel et la convergence des intérêts.

Pour concrétiser cette ambition, je m’entourerais d’une équipe associant des membres de la diaspora africaine et une nouvelle génération de diplomates. Je privilégierais des profils capables de renouveler les approches traditionnelles et de dépasser les habitudes héritées des politiques successives. Car si les relations franco-africaines ont une longue histoire, rien n’oblige leur avenir à ressembler à leur passé !

Enfin, mon projet pour l’Afrique reposerait sur une stratégie de communication audacieuse, fondée sur les outils numériques et les médias de nouvelle génération. Je créerais de nouveaux espaces de dialogue destinés à toucher les jeunes générations, à favoriser les échanges avec les citoyens africains et à faire connaître les changements engagés. Il serait également essentiel d’expliquer les ruptures avec certaines pratiques du passé, les nouvelles orientations choisies et les raisons qui les motivent.

Les engagements seraient expliqués, les projets présentés et les résultats rendus publics, afin que chacun puisse mesurer les progrès accomplis. Il ne s’agirait pas simplement de communiquer davantage, mais de communiquer autrement.

Malheureusement, je ne serai pas candidat à la présidence de la République française ! Mes idées ne changeront peut-être rien, mais vous pourrez toujours en rire !

Faustin Kabanza
LIRE LA BIO
Faustin Kabanza est penseur et chroniqueur engagé, particulièrement attentif aux questions sociopolitiques, intellectuelles et humaines liées à l’Afrique, notamment à l’Afrique centrale. Linguiste et éducateur spécialisé de formation, il s’intéresse à la transmission du savoir et aux dynamiques culturelles et sociales du continent
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