
Réunis à Brazzaville sous la présidence de Denis Sassou-Nguesso, les dirigeants de la CEMAC ont adopté un plan d’action en quatre axes pour préserver la stabilité du franc CFA et répondre aux préoccupations du FMI sur la situation économique de la sous-région.
Jeudi 22 janvier 2026 s’est tenu à Brazzaville un sommet extraordinaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), convoqué par le président congolais Denis Sassou-Nguesso et organisé avec le concours de Françoise Joly, sa conseillère spéciale. Cette réunion s’est déroulée sur fond de détérioration économique dans la sous-région, telle que soulignée par le Fonds monétaire international (FMI).
Au terme de leurs travaux, les chefs d’État Denis Sassou-Nguesso (Congo), Faustin-Archange Touadéra (République centrafricaine), Brice Clotaire Oligui Nguema (Gabon), Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée équatoriale), ainsi que les ministres des Finances Louis Paul Motaze, représentant le président Paul Biya (Cameroun), et Tahir Hamid Nguilin, représentant le président Mahamat Idriss Déby Itno (Tchad), en présence du président de la Commission de la CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o, ont adopté un plan d’action ferme. Objectif : consolider la stabilité du franc CFA et protéger le pouvoir d’achat des populations.
S’appuyant sur les rapports du gouverneur de la BEAC, du président de la Commission de la CEMAC et de l’administrateur du groupe Afrique III au FMI, les États membres ont arrêté une série de résolutions destinées à répondre aux principales inquiétudes exprimées par l’institution de Bretton Woods.
Un plan d’action structuré en quatre axes
Les travaux du sommet ont abouti à un consensus autour d’un plan d’action structurant articulé autour de quatre axes principaux :
- Transparence et gouvernance financière avec la généralisation des comptes uniques du Trésor dans les pays de la sous-région et l’accélération de la digitalisation des régies financières afin d’assurer une meilleure traçabilité des opérations.
- Souveraineté économique et alimentaire pour réduire la dépendance extérieure et sécuriser l’approvisionnement des populations en produits essentiels.
- Rapatriement des recettes d’exportation afin de renforcer durablement les réserves de change de la zone CEMAC.
- Discipline budgétaire, à travers le renforcement des politiques nationales en matière de respect des critères de convergence communautaires et des engagements pris avec le FMI.
Si ces décisions se traduisent par un véritable engagement communautaire, l’actuelle situation économique et financière alarmante de la sous-région pourrait être progressivement résorbée, comme ce fut le cas lors de la crise de 2016.
Il a d’ailleurs été demandé à la Commission de la CEMAC et à la BEAC de présenter, avant les réunions prévues en avril 2026, un rapport à mi-parcours détaillé, comprenant des indicateurs mesurables et un calendrier précis, afin de suivre la mise en œuvre des mesures et de conforter la stabilité économique et sociale des populations de la zone.




