Fils de Khaddafi : saga Africa

Pendant que Seïf el Islam négocie la libération des otages de Jolo aux Philippines, El-Saïdi inscrit des buts sous les couleurs de son pays. Le premier est friand de grosses cylindrées, le second de décorations militaires. Portraits croisés des deux fils de Khaddafi.

Le guide libyen s’ouvre au monde. Il multiplie les relations diplomatiques et, fait troublant, permet à sa famille de sortir de l’ombre.  » Montrez-vous, rendez-vous visibles, il faut que le monde s’habitue à vous « , tel semble le message de Moamar Khaddafi. Le premier à prendre ce conseil au sérieux est Seïf el Islam (le glaive de l’islam). A 28 ans, le fils aîné du second mariage du Guide s’exhibe partout où il y a une caméra. Propulsé président de l’Association humanitaire Charity, l’ex- ingénieur, diplômé de l’université libyenne, a eu son heure de gloire aux Philippines.

Voir Jolo et devenir célèbre

 » La présence du fils de Khaddafi ne peut s’expliquer que par le désir de son père de revenir sur le plan international. Je vois mal Khaddafi céder le pouvoir à l’un de ses fils. Franchement, la présence de Seïf el Islam était superflue « , analyse un diplomate arabe. Pourtant, ce fut une opération médiatique des plus réussies. Seïf el Islam portait avec lui une valise de 20 millions de dollars. Il est vrai que le principal négociateur était Rajab Azzarouk, ancien ambassadeur à Manille.

Après son diplôme libyen en poche, Seïf el Islam voulait poursuivre ses études à Paris. Refus poli mais ferme des autorités françaises. Il se rabat sur l’Ecole de commerce à Vienne. Il y restera deux ans. Une rumeur tenace fait état d’une profonde amitié entre le fils du président libyen et le leader d’extrême droite autrichienne.  » Tous les services de renseignements confirment la bonne entente entre Jörg Haider et Seïf el Islam. Est-ce de l’intox ? Ce qui est sûr, par contre, ce sont les multiples visites de Haider en Libye. Il y a été en tant qu’homme d’affaires avant que son parti n’accède au pouvoir et il la continué de le faire après « , souligne une source diplomatique arabe.

Premier échec : Bagdad a refusé sèchement les bons services du fils aîné du  » Guide « . Il voulait jouer les médiateurs dans l’affaire des prisonniers koweïtiens retenus en Irak depuis le mois de août 1992.  » Les otages de Jolo ne sont pas à Bagdad « , auraient rétorqué les Irakiens à nos confrères du JA/ l’Intelligent.

El Saïdi joue, marque et perd

Le second fils de Kaddafi, El Saïdi, s’est fait remarquer dans les stades. Avec une barbe qui lui mange tout le visage, le numéro 10 de la sélection libyenne ne passe pas inaperçu. Le commentateur de la radio libyenne a failli s’étrangler de joie quand El Saïdi a inscrit un but, sur penalty, contre le Maroc en match amical. La Libye a perdu par …beaucoup de buts mais l’essentiel est sauvé : El Saïdi a marqué. Il cumulerait, en plus d’être le meneur de jeu de l’équipe nationale, la présidence de la Fédération libyenne de football et celle du club d’El Ahly de Tripoli.

El-Saïdi, lui aussi diplômé de l’université libyenne, est officier supérieur dans l’armée de son père. Il collectionne les médailles des dirigeants  » frères  » arabes. Il serait très bien introduit dans les milieux islamistes.

Qui a les faveurs du Guide pour lui succéder ? Les deux fils entendent occuper l’espace politique que leur père veut bien leur laisser. Le choix du Guide peut aussi se porter sur Motassim Billah, le fils cadet. Médecine et officier à 22 ans, il reste pour l’instant discret.