Fiben : Maximilien Djidonou s’explique

Epilogue du Festival international de la beauté noire, du moins sur Afrik.com, Maximilien Djidonou, le promoteur de l’événement utilise son droit de réponse pour donner sa version des errances de l’organisation. Il accuse sa propre équipe et les autorités gabonaises.

Le Festival international de la beauté noire a-t-il eu lieu? Pour beaucoup ce qui a effectivement eu lieu à Libreville du 2 au 6 juin dernier n’a rien à voir avec ce qui était annoncé sur le papier. Bloqués à Paris, la majeur partie des festivaliers n’a pu se rendre au Gabon pour des raisons jusqu’à présent obscures. John Dossavi, Saïra Sow et Marianne Elombo, tous de l’organisation du Fiben, avaient sur Afrik, dénoncé l’incurie du promoteur de l’événement Maximilien Djidonou. Deux semaines après la fin du festival, ce dernier rompt enfin de silence qu’il avait observé depuis pour s’expliquer.

Afrik : Que s’est-il passé exactement au Fiben, notamment pourquoi la majeure partie des festivaliers a été décommandée au dernier moment sans explication ?

Maximilien Djidonou :
Il y avait un problème sur le vol d’Air Gabon. Nous avons hébergés pendant deux jours les gens à Roissy. C’est à mon insue que George Momboye (le chorégraphe du Fiben, ndlr) a téléphoné à Paris pour annuler les vols (52 billets, ndlr). Je n’ai pas été mis au courant. L’équipe de Paris ne m’a même pas appelé pour confirmer les choses. Tous les billets étaient prépayés. Comment expliquer alors que certains festivaliers soient partis ?

Afrik : Les personnes de la communication à Paris soutiennent pourtant qu’elles n’auraient pas pris une telle décision sans avoir votre accord et qu’elles vous ont appelé pour cela. Et que vous auriez confirmé ?

Maximilien Djidonou :
Ces personnes racontent des histoires. Je ne les ai jamais eu au téléphone.

Afrik : Vous êtes en train de nous expliquer que les annulations de vol se sont faites dans votre dos. N’y a-t-il pas là un criant problème de gestion de votre part étant donné qu’il s’agit de votre propre équipe ?

Maximilien Djidonou :
Ce n’est pas moi qui ai constitué l’équipe mais Nicolas Kouassi, le directeur marketing et communication du Fiben. C’était à lui de gérer les choses. Il s’est avéré qu’il n’avait malheureusement pas fait les bons choix. À la veille de l’événement, il voulait débarquer tout le monde parce que les gens ne lui obéissaient pas et qu’ils rechignaient à la tâche. A la fin, les choses avaient pris une telle ampleur que Nicolas Kouassi a baissé les bras et ne venait même plus au bureau. Mais il était trop tard pour remplacer l’équipe. J’ai essayé d’agir en père de famille. Un père de famille ne casse pas le groupe mais essaie de réconcilier les gens.

Afrik : N’est ce pas vous dédouaner à bon compte que de tout mettre sur le dos de votre équipe?

Maximilien Djidonou :
J’aurai dû taper du poing sur la table mais je n’ai pas réagi pour mettre de l’ordre dans l’équipe et me montrer plus ferme avec les récalcitrants. Mais l’équipe est au centre du festival. C’est comme dans un gouvernement : ce sont les ministres qui sont autour du Président qui font avancer l’Etat.

Afrik : C’est la première fois, quinze jours après l’événement, que vous décidez de rompre le silence pour vous expliquer, alors que tout le monde attendait de savoir ce qui s’était passé. Pourquoi un tel silence ?

Maximilien Djidonou :
Je viens juste de rentrer de Libreville. Tant que j’étais sur place, je n’ai rien pu faire de là-bas. On ne crache pas sur des gens qui vous tendent la main. Le fait est que les autorités gabonaises ont également une grosse part de responsabilité dans les difficultés du Fiben. Nous avions un budget alloué par le pays. Nous avons certes eu un acompte, mais nous n’avons pas pu avoir le reste. D’autre part, nous n’avions pas les mains libres pour travailler sur place. L’Etat nous obligeait à collaborer avec telle ou telle boîte.

Afrik : Vous n’avez apparemment même pas essayer de joindre les personnes de votre équipe, soit pour demander des comptes, soit pour leur expliquer la situation…

Maximilien Djidonou :
J’avais dix mille choses à gérer à Libreville. J’étais sur tous les fronts. Je n’avais pas le temps d’appeler Paris. Par ailleurs, il faut dire que là-bas les autorités ont un œil sur tout. Même si le pays ne nous a pas ouvert les portes comme il fallait, je ne voulais pas être mêlé à des affaires politiques.

Afrik : Les gens de votre équipe vous accusent de mauvaise gestion et de détournement de fonds. Quel était le budget initial du Fiben et quelle acompte avez-vous perçu ?

Maximilien Djidonou :
Le budget initial était d’un milliard de CFA (1,5 million d’euros, ndlr). J’ai eu une avance de 130 millions de F CFA (200 000 euros, ndlr). On ne peut rien faire avec une telle somme.

Afrik : Pourquoi y a-t-il eu rupture de contrat avec l’Etat gabonais ?

Maximilien Djidonou :
Il n’y a pas eu de contrat avec l’Etat gabonais. Nous avions fait des contrats mais ils nous ont juste fait signer un document nous engageant à ce que l’événement ait effectivement lieu. Sinon rien d’autre n’a été signé avec l’Etat gabonais.

Afrik : Ne deviez-vous tout de même pas des explications, ne serait ce aux personnes de votre propre équipe et à toutes les personnes qui ont été flouées par le Fiben? D’autant que ce n’est pas une démarche spontanée. Vous nous avez contacté, avant tout, pour répondre aux attaques qui ont été porté contre vous dans l’un de nos articles.

Maximilien Djidonou :
Pour ce qui est des explications, mieux vaut tard que jamais. Ce n’est pas mon style de me cacher ou de faire le mort. Ma femme est actuellement hospitalisée mais je compte faire un communiqué pour m’expliquer sur tout ça, en début de semaine prochaine. C’est la moindre des corrections. Je vais également appeler chaque personne pour m’expliquer de vive voix. Pour leur dire que je suis là pour repartir avec ceux qui le veulent.

Afrik : Après l’échec de Black is Black à Paris et les déboires actuels du Fiben, vous pensez que les gens vont encore vous faire confiance ?

Maximilien Djidonou :
Il n’y a que les Parisiens qui font les têtes brûlées. Si les gens ne me font pas confiance en Europe, ils le feront en Afrique. Je ne suis pas un parachuté dans le milieu. De toutes les façons, je connais pas mal de gens et beaucoup me connaissent. Je peux vous assurer que certaines personnes sont déjà prêtes à me suivre pour un autre événement.

Afrik : Vous avez signé des contrats qui n’ont pour certains pas été honorés. Comment allez-vous faire pour gérer la situation ?

Maximilien Djidonou :
On trouve toujours un terrain d’entente avec les gens.

Afrik : Beaucoup de témoins sur place ont rapporté que le lieu d’exposition était quasiment vide. Pour vous le Fiben a-t-il eu lieu?

Maximilien Djidonou :
Le Fiben a bien eu lieu. Il n’y a eu aucun bluff. L’Afrique n’est pas tolérante. Il y avait près de 30 enseignes différentes. Même si ce n’était pas ce que certains attendaient, nous avons été jusqu’au bout de nos engagements.

Afrik : D’autres avancent pourtant qu’il y en avait moins de 10 sur la centaine annoncée…

Maximilien Djidonou :
Il y avait bel et bien une trentaine d’exposants.

Afrik : Sur vos plaquettes de présentation figuraient des personnes, comme Hortanse Nouvian (Cité Black) ou encore Imane Ayissi et Xuly Bët (deux couturiers), avec qui il n’y avait apparemment jamais eu d’accord. Comment expliquez-vous cela?

Maximilien Djidonou :
Cela devrait leur faire plaisir de participer au Fiben. Le fait est que s’il n’y a effectivement pas eu d’accord signé, j’avais leur accord verbal.

Afrik : Des membres de votre équipe vous ont épinglé sur Afrik pour vos responsabilités dans les ratés du Fiben. Que leur répondez-vous?

Maximilien Djidonou :
Je crois qu’il faut laver son linge sale en famille. Et qu’il n’était pas nécessaire de faire un tel tapage et de me diffamer de la sorte. Il s’agit d’un règlement de compte. Je suis là pour l’évolution de l’Afrique. Il y en a qui sont là pour casser, d’autres pour construire. Mais ce ne sont pas eux qui feront l’Afrique de demain.

Afrik : Quelles sont les fautes professionnelles qu’ont fait les gens de votre équipe pour contribuer à ce qu’on pourrait appeler l’échec du Fiben ?

Maximilien Djidonou :
Marianne (Elombo) ne pouvait recevoir l’ordre de personne d’autre que moi d’annuler les vols. Autre exemple : la facture de téléphone que l’équipe de Paris a laissé : 3 700 euros ! ! ! Ce n’est pas sérieux, c’est un manque de conscience professionnelle que de se servir, comme ça, du téléphone à outrance.

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