Les dessous du fiasco du Fiben

Le Festival international de la beauté noire, qui devait se tenir du 02 au 06 juin derniers au Gabon, a été un échec monumental. Les trois quarts des artistes, stylistes et invités n’ont pu de rendre à Libreville…et en ont été averti la veille au soir sans plus ample information. Pourquoi ? Que s’est-il passé ? Explications et mises au point.

Plus jamais ça ! Le Festival international de la beauté noire a dupé l’Afrique. L’événement, drapé des plus beaux apparats n’a eu d’international que le nom. Seuls une dizaine d’exposants étaient présents, du 02 au 06 derniers à Libreville (Gabon). Au lieu de la centaine annoncée. Participants et invités, décommandés à Paris et ailleurs, la veille au soir de leur départ… Aucune explication, sinon qu’il n’y avait pas assez de budget. Faut-il rester blasé face aux « ratés » (malheureusement courants) des grands événements africains, ou bien est-il temps de mettre les promoteurs en face de leurs responsabilités ? Afrik a tranché et lève un coin du voile…Impliqués dans l’organisation du Fiben, John Dossavi, Saïra Sow et Marianne Elombo ont décidé de briser la loi du silence. Très remontés, ils estiment avoir été abusés par le festival et devoir des explications à toutes les personnes qui leur ont fait confiance.

 John Dossavi, responsable du plateau artistique

J’ai été abusé mais je ne ferais pas profil bas. J’ai travaillé quatre mois pour préparer le Fiben. Il s’agissait pour moi de soutenir une initiative en faveur du continent. Le Fiben représentait un espoir pour valoriser la beauté noire. Un tel événement ne devait pas passer à la trappe. Les artistes m’ont tous fait confiance, ils n’ont même pas demandé d’avances sur leur cachet. Beaucoup avaient accordé la priorité au Fiben. Pour rien… Il peut arriver qu’on n’arrive pas à boucler un budget, mais il faut assumer. Et au moins appeler ses différents partenaires et collaborateurs pour les mettre au courant. C’est un manque de respect pour la communauté.

 Saïra Sow, responsable de la communication

J’ai vraiment cru dans le projet. Même s’il y avait dès le départ quelques zones d’ombre. Et envers son équipe et envers les partenaires et les invités. Dès que je suis arrivée à Libreville, le 18 mai (elle vient tout juste de rentrer du Gabon, ndlr), les hôtels étaient réservés, environ 80 chambres, mais ils n’avaient pas été payés. Je n’avais aucun élément pour renseigner nos partenaires, ni par rapport aux artistes qui allaient effectivement se produire, ni par rapport aux festivaliers et leurs conditions de voyage et de séjour. Tout le monde m’a prise à partie, je me suis même fait insulter. Le « truc » qui s’est déroulé au Gabon n’avait rien à voir avec ce sur quoi nous avons travaillé. C’était tout simplement ridicule. L’entrée qui devait être payante était libre, les gens allaient et venaient. Et les exposants se comptaient sur les doigts de la main. Nous nous sommes engagés auprès des partenaires. J’estime leur devoir des explications. Nous avons travaillé pendant cinq mois pour que tout soit carré. Mais le Fiben n’a été qu’une illusion. Pour moi, il s’agit d’une sombre histoire de mauvaise gestion.

 Marianne Elombo, directrice adjointe marketing et communication

Nous avons travaillé depuis cinq mois sur le Fiben et nous ne sommes plus payés depuis le mois de mai. Nous avions budgétisé la communication de l’événement… Nous avions listé tous les postes de dépense, et même majoré les chiffres pour compter avec les aléas. Tout était prévu, il n’y avait aucune surprise. Où est passé le budget ? Nous avions même réussi à faire des économies en achat d’espace car nous avions négocié beaucoup d’échanges marchandise avec les différents supports. Nous sommes restés à quatre à Paris. Le directeur de la communication, Nicolas Kouassi, a déserté tout le mois de mai. Il s’est tout simplement défilé. Et nous avons dû tout assumer derrière. J’avais près de 60 personnes à faire partir depuis Paris, dont certains avaient été vraiment difficiles à convaincre. J’ai dû leur dire que leur voyage était annulé la veille au soir du départ. Je n’avais aucune info et j’étais en première ligne. J’ai subi une énorme pression. Mais au-delà des reproches et des insultes que j’ai essuyé, ça m’a vraiment brisé le cœur de voir tout le travail que nous avions fait pour rien.

Pour une information objective, Afrik.com offre un droit de réponse aux personnes incriminées ci-dessus.