Fespaco 2013 : une édition pas comme les autres

Ouvert samedi 23 février, le festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPACO) a célébré sa 23e édition. Le stade du 04 août de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, où s’est déroulée la cérémonie d’ouverture, a été le lieu de rencontre de milliers de spectateurs venus d’horizons différents. Le festival verra cette année la participation de trente-cinq nations qui se disputeront le fameux Etalon d’Or.

La 23e édition du festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (FESPACO) a démarré samedi 23 février 2013 à Ouagadougou dans la capitale burkinabè. L’édition a été célébrée dans une ambiance très festive.

Une ouverture en grande pompe

La cuvette du stade du 04 août de Ouagadougou a drainé des milliers de festivaliers venus d’Afrique et d’ailleurs. Tambours, instruments de musique traditionnels, spectacles…tous les ingrédients de la culture africaine étaient en effet réunis pour accueillir cette nouvelle édition avec tout le prestige qui lui revient.

L’ambiance festive ne sera pas le seul souvenir que garderont les spectateurs. De nombreuses personnalités ont également pris part à cette cérémonie d’ouverture, dont la première dame du Gabon, Silvia Bongo.

Le Gabon, choisi comme invité d’honneur cette année, n’est pas novice en la matière. Il a participé à la naissance et à l’évolution du cinéma africain. D’ailleurs, dès les années 60, les Gabonais tenaient déjà la caméra et réalisaient des films.

La première dame du Gabon est donc venue accompagnée d’une très forte délégation pour rendre hommage au peuple burkinabè tout entier. Elle a été accueillie dès son arrivée samedi par Chantal Compaoré, première dame du Burkina Faso et marraine du FESPACO.

Silvia Bongo qui vient d’assister pour la première fois au plus grand festival de cinéma d’Afrique a réitéré sa volonté d’investir de son temps mais aussi de ses moyens pour valoriser la culture du Gabon et de l’Afrique toute entière.

Elle a souligné par ailleurs la nécessité pour les politiques africains de s’intéresser au cinéma du continent noir pour que ce dernier puisse avoir des films compétitifs à l’échelle continentale et intercontinentale.

Pour un engagement des politiques africains

En choisissant le thème « Cinéma africain et politiques publiques en Afrique », les cinéastes du continent ont la volonté de mettre l’ensemble des décideurs politiques et professionnels du cinéma face à face afin de donner le maximum d’informations aux autorités politiques sur la question du cinéma.

Une attitude qui pourrait éventuellement conduire à une prise de conscience qui facilitera la mise en place des politiques du cinéma et la mise en place des financements pour accompagner la production.

101 films en compétition

Cette année, ce sont 101 films qui seront projetés en l’espace d’une dizaine de jours. Parmi ces films, on dénombre 20 longs métrages de fiction, 17 fictions vidéo numériques, 20 fictions court métrage, 17 documentaires, 8 séries télévisuelles, 6 films de la diaspora et 13 des écoles africaines de cinéma.

De grands noms du cinéma sont aussi présents dont le marocain Nabil Ayouch, réalisateur du film « Les chevaux de Dieu » et Alain Gomis, réalisateur franco-sénégalais, qui vient de sortir son nouveau film « Aujourd’hui ».

Le dynamisme du cinéma burkinabè ne fait l’objet d’aucun doute car le pays compte cette année une douzaine de films dans la sélection de la compétition, dont la fameuse « Moi Zaphira » de Apolline Traoré.
Mais le grand honneur revient au film algérien « Yéma » réalisé par l’algérienne Djamila Sahraoui qui a ouvert dimanche la compétition pour le Grand prix du FESPACO.

« YEMA » raconte la vie d’une mère de famille, Ouardia, interprétée par le cinéaste elle-même. Ouardia vit dans une petite maison abandonnée dans les montagnes algériennes, devenues maquis pour les jihadistes dans les années 1990. Ouardia a perdu son fils Tarik, officier dans l’armée, dans un attentat. Elle soupçonne son autre fils du nom de Ali, qui dirige un groupe islamiste, d’être impliqué dans ce drame.

Le festival, qui met en compétition trente-cinq nations, est d’ores et déjà très rude. « Yema », « Moi Zaphira » ou encore « les Chevaux de Dieu » ne sont que quelques-uns des films qui pourraient bien remporter l’étalon d’or de Yennenga, la récompense reine qui sera remise le 02 mars.


FESPACO 2013 par afriktv