Expulsion de Luc Hallade du Burkina Faso, ce que l’on sait

Luc Hallade
Luc Hallade

Les autorités de la Transition du Burkina Faso ont exigé à la France le remplacement de son Ambassadeur accrédité à Ouagadougou. Le gouvernement burkinabè n’a toutefois pas précisé ce qui est reproché à Luc Hallade, en poste depuis le 8 juillet 2019.

La tension continue de monter entre Paris et Ouagadougou. Les autorités de la Transition viennent de poser un nouvel acte non moins hostile vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale. Ce, après la décision par la junte militaire au pouvoir de suspendre RFI. Nouvelle qui avait été annoncée le 3 décembre dernier. Ce lundi 2 janvier, la junte en a remis une nouvelle couche, en exigeant le départ de Luc Hallade.

Tout est parti d’un courrier officiel adressé au Quai d’Orsay par Olivia Rouamba, ministre burkinabè des Affaires étrangères. Fin décembre, la diplomatie burkinabè demandait à « changer d’interlocuteur ». Le porte-parole du gouvernement du Burkina Faso, Jean-Emmanuel Ouedraogo, a confirmé que Luc Hallade avait été prié de partir. Sans toutefois fournir un autre détail. De son côté, la diplomatie française s’est refusée à tout commentaire.

Deux semaines après l’expulsion de Barbara Manzi

Il faut signaler que l’expulsion de M. Hallade intervient moins de deux semaines après celle de Barbara Manzi. La coordinatrice résidente et humanitaire des Nations Unies au Burkina Faso a également été déclarée persona non grata. Vendredi 30 décembre dernier, Olivia Rouamba avait précisé que c’est la personne de Mme Manzi qui est remise en cause par les autorités burkinabè et non le système des Nations Unies.

Notons par ailleurs que ces derniers temps, le représentant diplomatique français au Faso s’est montré ferme vis-à-vis de la junte. Le mardi 29 novembre 2022, M. Hallade a profondément évoqué la coopération avec le pays des hommes intègres. Ce, à l’issue d’un entretien avec le chef du gouvernement burkinabè, Appolinaire Kyélem de Tembela. Le diplomate français avait rappelé que son pays « reste un partenaire du Burkina Faso ».

Le fermeté de Luc Hallade a-t-elle dérangé ?

Le représentant diplomatique français avait toutefois précisé que cela restera inchangé tant que Ouagadougou le souhaite. Reconnaissant que la région du Sahel a intérêt à ce que le Burkina reste debout, M. Hallade avait par ailleurs déclaré que la force française « Sabre » restera au Faso « tant que les autorités burkinabè le souhaiteront ». Non sans préciser que ce sera « sous un format adapté, plus restreint, certainement avec une plus grande imbrication avec les forces spéciales burkinabè ».

Luc Hallade avait en outre demandé à ce que soient levées « les ambiguïtés ou incompréhensions ». Dans ce contexte, difficile de ne pas croire que c’est la fermeté du diplomate français qui a quelque peu dérangé les nouvelles autorités de ce pays d’Afrique de l’Ouest. Pourtant, Luc Hallade n’avait fait que reprendre les propos du Président français, Emmanuel Macron, qui avait annoncé une nouvelle forme de coopération militaire avec le continent africain.

Lire : Burkina : les regrets de Guterres après l’expulsion de la Coordinatrice de l’ONU