
Le Premier ministre éthiopien sortant Abiy Ahmed a été reconduit lundi pour un nouveau mandat de cinq ans par la Chambre des représentants du peuple. Sa réélection intervient alors que les combats ont repris dans le nord du pays entre les forces fédérales et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
La nouvelle législature éthiopienne a tenu lundi sa première séance à Addis-Abeba, à la suite des élections générales du 1er juin. À cette occasion, les députés ont officiellement désigné Abiy Ahmed au poste de Premier ministre.
Candidat du Parti de la prospérité (PP), au pouvoir, Abiy Ahmed était le seul prétendant à la fonction. Sa nomination a été approuvée à l’unanimité par les députés, avant sa prestation de serment pour un nouveau mandat de cinq ans.
Le Parti de la prospérité dispose d’une large majorité à la Chambre des représentants du peuple. Il a remporté 438 sièges, lui permettant de former le gouvernement et de reconduire son dirigeant à la tête de l’exécutif.
« Abiy Ahmed est nommé Premier ministre de la République fédérale démocratique d’Éthiopie », a déclaré Ahmed Shide, ministre des Finances sortant, tout juste élu président de la Chambre des Représentants du Peuple (HoPR), la chambre basse du Parlement.
La reconduction d’Abiy Ahmed intervient au moment où l’Éthiopie tente de faire face à plusieurs foyers de tensions internes et régionales.
Le Tigré replonge dans les combats
Le contexte sécuritaire assombrit toutefois ce nouveau départ politique. Les hostilités ont repris fin septembre dans la région du Tigré entre les forces fédérales et les combattants liés au TPLF, faisant craindre une nouvelle escalade après la guerre de 2020-2022.
Les forces fédérales ont repris le contrôle de Mekele, capitale régionale du Tigré, après le retrait des forces liées au TPLF. Mais cette avancée militaire n’a pas mis fin aux combats. Des frappes aériennes et des tirs d’artillerie ont encore été signalés dans plusieurs zones de la région, avec des victimes civiles rapportées par des sources humanitaires.
Cette nouvelle confrontation intervient alors que plusieurs dispositions de l’accord de paix conclu en 2022 n’ont pas été pleinement mises en œuvre. Le conflit précédent avait fait plusieurs centaines de milliers de morts et de déplacés au Tigré.
Des tensions qui dépassent les frontières du Tigré
La crise ne se limite pas au face-à-face entre Addis-Abeba et le TPLF. Les relations entre l’Éthiopie et l’Érythrée se sont également fortement dégradées ces dernières semaines.
Addis-Abeba accuse Asmara de soutenir les forces opposées au gouvernement fédéral, ce que l’Érythrée conteste. L’Éthiopie a fermé son ambassade à Asmara et expulsé plusieurs diplomates érythréens. En réaction, l’Érythrée a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec son voisin.
L’extension possible de la crise inquiète également les acteurs régionaux et internationaux. L’Union africaine a appelé les différentes parties à la retenue et au dialogue, alors que la reprise des combats fait craindre un embrasement plus large dans la Corne de l’Afrique.
En prêtant à nouveau serment, Abiy Ahmed entame un nouveau mandat dans un contexte tendu. Son gouvernement devra en effet, composer avec la reprise des affrontements au Tigré, la dégradation des relations avec l’Érythrée et les risques d’une extension du conflit.




