
Aux États-Unis, une action en justice a été déposée pour contester la décision de l’administration Trump de mettre fin au Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants somaliens. Cette procédure vise à empêcher l’expulsion de plus d’un millier de personnes installées légalement dans le pays. Les plaignants estiment que la décision ignore la situation sécuritaire toujours instable en Somalie. Le dossier pourrait devenir un nouveau test judiciaire majeur pour la politique migratoire américaine.
L’administration de Donald Trump fait face à une nouvelle offensive judiciaire concernant sa politique migratoire. Ce lundi 9 mars 2026, un recours a été déposé devant le tribunal fédéral de Boston pour contester l’abrogation du Statut de Protection Temporaire (TPS) visant les ressortissants somaliens. Cette plainte, portée par quatre citoyens somaliens et deux organisations de défense des droits, vise à bloquer l’expulsion imminente de près de 1 100 personnes qui vivent et travaillent légalement aux États-Unis grâce à ce programme humanitaire.
Une fin de protection contestée par les humanitaires
La secrétaire sortante de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a fixé au 17 mars 2026 la fin officielle du TPS pour la Somalie. Le gouvernement justifie cette mesure par une prétendue amélioration des conditions de sécurité dans le pays de la Corne de l’Afrique. Cependant, les plaignants dénoncent une lecture biaisée de la réalité, rappelant que les combats entre les forces gouvernementales et les militants d’al-Shabaab font toujours rage.
Ils soutiennent que la décision est entachée d’irrégularités procédurales et qu’elle ignore les avertissements du propre Département d’État américain, qui déconseille formellement tout voyage en Somalie en raison de la criminalité et des troubles civils.
Des accusations de discrimination raciale
Le cœur de la plainte repose sur des allégations graves de préjugés inconstitutionnels. Les avocats des plaignants citent de nombreuses déclarations publiques de Donald Trump, dans lesquelles il a dénigré la communauté somalienne, utilisant des termes insultants pour remettre en question leur contribution à la société américaine.
Pour Omar Farah, directeur de Muslim Advocates, il s’agit de « racisme masqué en politique migratoire ». Le recours soutient que l’administration cible spécifiquement les immigrés non blancs, alors que le TPS a été conçu dès 1991 pour protéger les personnes fuyant des zones de conflit ou des catastrophes naturelles majeures.
Un bras de fer global sur le statut temporaire
Le cas des Somaliens n’est qu’un volet d’une stratégie plus large du Département de la Sécurité intérieure (DHS). Sous la direction de Kristi Noem, le gouvernement tente de mettre fin aux protections pour une douzaine de pays, dont Haïti (350 000 personnes concernées) et la Syrie (6 000 personnes). Parallèlement, la communauté somalienne du Minnesota subit une pression accrue, illustrée par le déploiement massif d’agents fédéraux ces derniers mois.
Alors que l’administration refuse de voir le TPS comme une « amnistie de facto », la bataille juridique qui s’engage pourrait bien remonter jusqu’à la Cour suprême, déterminant ainsi l’avenir de milliers de familles sur le sol américain.




