Entretien avec Pr Noël Essomba, Directeur de l’Hôpital Laquintinie de Douala


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Pr Noël Emmanuel Essomba
Pr Noël Emmanuel Essomba

Le Professeur Noël Emmanuel Essomba, Directeur Général de l’Hôpital Laquintinie de Douala échange avec AFRIK.COM, à l’issue de la célébration des 90 ans d’existence de l’institution dont il a la charge depuis août 2020.

Entretien

Qui est le Professeur Noël Emmanuel Essomba ?

Le Pr Essomba est crédité d’une parfaite maîtrise du domaine médical. Il est par exemple doté d’une expertise en médecine médico-légale et d’un diplôme en management et gestion des ressources humaines.

Pouvez-vous nous dresser un bref historique de l’institution sanitaire que vous dirigez depuis août 2020?

Dès sa construction en 1931, l’Hôpital Indigène de Douala a été soumis au régime de l’Indigénat de l’administration française. Il est réservé alors aux patients noirs auxquels l’accès à l’Hôpital Général de Douala (Hôpital Nachtigal sous la colonisation allemande) leur est formellement interdit. Dans les années 50, cet hôpital prend le nom de Laquintinie, en hommage au docteur Jean Auguste Laquintinie, médecin militaire français ayant séjourné à deux reprises au Cameroun (1936-1938 puis 1940).

Bâti sur 9 hectares, en plein cœur du quartier Akwa, plus précisément dans le 1er arrondissement de Douala, département du Wouri, région du Littoral, l’hôpital Laquintinie, affectueusement appelé « la vielle dame », et dont le slogan désormais en vigueur est « On sauve d’abord, on cause après », enregistre 90 000 consultations, 100 000 naissances dont 900 césariennes, 10 000 admissions d’urgences, 1700 interventions chirurgicales et près de 75 millions de FCFA d’aide aux indigents et compte à ce jour 1200 personnels.

Hôpital Laquintinie

En terme d’équipement, plus de 90% des espaces d’hospitalisation ont été réhabilités, de même que le service des urgences et le Centre mère et enfant, pour une capacité d’accueil désormais plafonnée à 700 lits. L’hôpital Laquintinie est constitué d’un ensemble de pavillons isolés les uns des autres par des espaces libres. Malgré son extension en 1950, les premiers bâtiments existent toujours, à l’instar du pavillon d’entrée qui porte la date 1931.

L’accent est mis sur son côté esthétique, par la réaffectation des anciens bâtiments et la construction de nouvelles unités disposant de vastes couloirs et d’espaces verts. Il convient également de rappeler que depuis peu, l’hôpital dispose de quatre ambulances fonctionnelles et deux autres sont attendues dans les tous prochains jours. Par ailleurs, 10 respirateurs ainsi que des couveuses ont été acquis.

Quelle est la mission première de l’institution que vous dirigez ?

Hôpital de référence de 2ème catégorie, l’hôpital Laquintinie a pour mission d’assurer la prise en charge médicale et médico-sanitaire qualitative et quantitative quotidienne des cas et d’apporter une réponse adaptée lors de grands évènements ; qu’il s’agisse d’évènements sportifs, comme par exemple la CAN Total Energies Cameroun 2021, de catastrophes ou d’épidémies.

Monsieur le Directeur général, du 15 octobre au 10 décembre 2021, vous avez célébré les 90 ans d’existence de votre institution, célébration qui bénéficiait de l’onction de Paul Biya, Président de la République, Chef de l’État et parrain de cet événement anniversaire. Quel était le thème central et qu’y avait-il au programme ?

Pour marquer d’une pierre blanche cette célébration, « 90 ans au service de la santé et de l’émergence du Cameroun », c’est le thème qui avait servi de fil conducteur. Et pour y parvenir, plusieurs activités avaient été organisées. Il y avait entre autres, un mini tournoi de football, des journées portes ouvertes avec des consultations gratuites délocalisées, un symposium sur l’humanisation des soins, une soirée de levée de fonds et une fête pour le personnel.

Pourquoi avez-vous consacré assez de temps pour cette commémoration ?

90 ans, c’est un âge de maturité. C’est un âge lourd pour lequel on a acquis pas mal d’expérience. Et cette célébration coïncide avec l’agenda de transformation du système de santé, qui voudrait aujourd’hui qu’un certain nombre de formations sanitaires se sont vues améliorées. Notamment dans le cadre de leurs plateaux techniques.

L’idée réelle ici est de s’arrêter un moment sur les 90 ans d’histoire de cet hôpital de référence et se projeter sur les projets à venir. La vision étant de devenir « la polyclinique publique » de Douala.

Tout au long de cette célébration, il était question de : Raconter et célébrer l’histoire, rendre hommage aux pionniers, célébrer le personnel, de remobiliser les troupes et enfin annoncer la vision future. Nous avons profité de cette célébration pour montrer au grand public les innovations qui ont été faites au niveau de notre institution sanitaire, mais aussi que ces innovations ont vu le jour dans d’autres formations sanitaires en cohérence avec la volonté du président de la République de voir nos formations sanitaires dotées de plateaux techniques modernes.

En date du 3 décembre 2021, vous avez organisé une soirée de levée de fonds. A quoi ces fonds vont-ils servir?

Nous continuons de quémander l’attention de la hiérarchie notamment pour améliorer notre offre en cardiologie. Notre levée de fonds du 3 décembre visait entre autres à financer un espace dédié à la prise en charge des pathologies cardiaques.

Une idée sur votre service de réanimation ?

Notre service de réanimation est une de notre plus belle fierté. On est en partenariat avec le CHU de Bordeaux. Nous pouvons effectuer en chirurgie 10 opérations à la fois. Nous avons notre centrale autonome de production d’oxygène. Nous avons 30 respirateurs et une machine IRM 1,5 Tesla. Des personnalités qui viennent chez nous, ne sont jamais déçues, car la volonté du chef de l’Etat est de limiter les évacuations sanitaires.

Quels sont vos projets dans un avenir proche ?

Dans la vision futuriste de ce que sera l’Hôpital Laquintinie demain, nous annonçons la construction d’un bâtiment de 08 étages et deux sous-sols pour marquer l’entrée véritable de l’hôpital Laquintinie dans la modernité. Nous sommes en train d’acquérir des équipements autonomes pour l’hémodialyse. Le bâtiment est prêt. Il reste les équipements. Le but est de soulager les patients d’ici et de la sous-région.

A quelques jours de la grand-messe de football au Cameroun, en quoi le pavillon Samuel Eto’o Fils, pourra-t-il être utile ?

C’est dans le pavillon que nous a légué l’ancien capitaine des Lions indomptables Samuel Eto’o Fils, nouveau président de la FECAFOOT, que nous recevrons d’éventuels cas liés à la CAN 2021.

Votre mot de fin…

Je profite de votre tribune d’abord, pour féliciter mes collaborateurs et tout le personnel, pour leurs sens d’Humanisme, d’Innovation et de Professionnalisme, ensuite remercier tous nos partenaires et les usagers nationaux et étrangers, pour leur marque de confiance. Il ne me reste qu’à souhaiter par anticipation, « Un Joyeux Noël et une Bonne et heureuse année à tous et à toutes »

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