Entretien avec Jah Verity : « Je suis la voix des sans-voix qui prône la paix »


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Jah Verity, musicien
Jah Verity, musicien

Jah Verity, de son vrai nom Etimbé Koffi Bernard, qui a la double nationalité béninoise et burkinabè, est un chanteur de reggae très engagé. Ce membre de la famille Koffi immigrée en Côte d’Ivoire s’est révélé au grand public vers les années 2000, avec sa chanson « Bekasso», dédiée à Bobo Dioulasso, la capitale économique du Burkina Faso. Il a conquis le cœur des mélomanes de la sous-région grâce à un style singulier, une voix particulière, des textes et des mélodies qui traduisent les maux de l’Afrique. Il s’est confié à AFRIK.COM.

Entretien

Jah Verity est un artiste qui a connu un grand succès avec sa chanson fétiche « Bekasso», avant de disparaître de la scène internationale. Qu’est-ce qui explique ce retrait ?

Jah Verity n’a pas disparu de la scène. Certes, j’ai connu un franc succès avec la chanson « Bekasso» (la maison de tout le monde, ndlr), une chanson dédiée à Bobo Dioulasso, une ville d’hostilité de ma chère patrie, le Burkina Faso. Mais, j’ai également mis sur le marché d’autres albums (Rebelles, Président Boulanger, Beogo). Actuellement, je suis en train de travailler pour ma prochaine sortie. Pour vous dire que je suis toujours présent, car je prépare d’autres projets musicaux.

Vous aviez récemment enflammé deux festivals au Burkina Faso, qui traverse une crise sécuritaire sans précédent liée au terrorisme. Pouvez-vous revenir sur les moments de cette manifestation ?

Effectivement, j’ai récemment participé à quelques festivals au Burkina Faso. Jah Verity est la voix des sans-voix, la voix qui prône la paix, la réconciliation et le pardon au vu de la situation actuelle à travers l’Afrique et le reste du monde. C’est vrai que la situation sécuritaire au Burkina Faso et dans le Sahel est très préoccupante, mais on ose espérer que le calme reviendra bientôt, au grand bonheur des populations. Ce qui va permettre aux nombreux déplacés de regagner leurs familles, afin de retrouver les siens.

En tant qu’artiste engagé, comment analysez-vous la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest, qui a occasionné des coups d’Etat au Mali ou encore au Burkina ?

Jah VerityC’est une situation difficile pour nos populations, mais je pense que nos dirigeants doivent comprendre qu’ils sont là pour le peuple et non contre le peuple. Donc, ils doivent travailler pour le bonheur du peuple et non se faire exploiter par Babylone. L’embargo contre le Mali n’avait pas de sens. Il fallait tout simplement bien analyser la situation, afin de trouver les solutions idoines, que de jeter l’huile sur le feu. On peut dire que cela a d’ailleurs occasionné le coup d’État au Burkina Faso, où les autorités étaient à un moment à la merci de la France, alors que la population était dans la souffrance.

Quels sont les projets musicaux de Jah Verity ?

Les projets musicaux de Jah Verity, c’est la prochaine sortie et vous serez informé au moment opportun. Je travaille tous les jours avec mon staff, pour le plaisir de mes fans. J’espère bien qu’ils vont accueillir avec joie le nouveau projet…

Pensez- vous que le reggae africain est toujours en pleine progression comme le soutiennent certains musiciens ?

Évidemment, car la musique reggae reste égale à elle-même. Même si ces derniers temps on sent la baisse, suite à l’arrivée de la pandémie du Coronavirus. Une crise sanitaire qui a d’ailleurs frappé de plein fouet beaucoup de secteurs d’activités à travers le monde, notamment le monde de la musique, avec les restrictions.

Nous constatons que certains artistes ne vivent plus pleinement de leur art, en raison du piratage. Selon vous, que faut-il faire ?

Je pense que pour vivre de son art, il faut d’abord être organisé soi-même et s’investir sérieusement. Pour lutter contre la piraterie, il faut l’implication de tous, en particulier nos fans, qui doivent assister et payer nos œuvres de manière officielle. Ce qui profitera à l’artiste et lui permettra de prospérer dans son art.

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