Égypte : Sanctions contre les compagnies de pèlerinage responsables de plus de 600 morts à la Mecque


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Pèlerinage à la Mecque
Pèlerinage (illustration)

Le gouvernement égyptien a pris ce week-end des mesures drastiques en sanctionnant 16 compagnies de tourisme, accusées d’avoir organisé des voyages illégaux vers La Mecque. Ces entreprises ont permis à des Égyptiens de participer au pèlerinage sans les visas requis, ce qui a coûté la vie à de nombreux fidèles.

La sévérité des sanctions reflète l’ampleur du scandale et la gravité des conséquences pour les pèlerins.

Une tragédie sous la canicule saoudienne

Les autorités égyptiennes ont non seulement révoqué les licences de ces sociétés, mais ont également déféré leurs responsables devant la justice pour « fraude ». Le Premier ministre égyptien, Moustafa Madbouli, a ordonné que les amendes imposées servent à indemniser les familles des pèlerins décédés à cause de ces pratiques irresponsables.

Les conséquences de cette fraude ont été tragiques. Plus de 600 Égyptiens sont morts lors du pèlerinage à La Mecque, pratiquement tous sans visa. Le total des décès lors de cet événement a dépassé les 1 100, incluant de nombreuses victimes d’autres nationalités. Les températures extrêmes, atteignant jusqu’à 51,8°C, ont joué un rôle déterminant dans cette hécatombe. En l’absence de visa, les pèlerins n’ont pas eu accès aux infrastructures climatisées et aux services médicaux adéquats, ce qui a augmenté leur vulnérabilité face à la chaleur intense.

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Les voies détournées : entre fraude et désespoir

Pour participer au grand pèlerinage, les Égyptiens ont deux options officielles : être sélectionnés par un tirage au sort gouvernemental ou passer par des compagnies de tourisme agréées, ce qui peut coûter l’équivalent de plusieurs années de salaire minimum.

En contournant ces options, certains ont tenté de se rendre en Arabie saoudite avec des visas de tourisme, espérant ensuite participer au hadj. Cette pratique, facilitée par des compagnies de tourisme peu scrupuleuses, s’est avérée mortelle pour beaucoup.

Une surreprésentation inquiétante des victimes égyptiennes

Bien que les Égyptiens ne représentent que 5% des pèlerins, ils constituent plus de la moitié des victimes. Cette disproportion s’explique par plusieurs facteurs, notamment les conditions extrêmes du pèlerinage et le manque de préparation et de soutien pour les pèlerins illégaux. Les réseaux sociaux ont révélé des scènes apocalyptiques : des corps de pèlerins allongés à même le sol, sans abri ni soins médicaux, pour accentuer la tragédie humaine.

Réaction des autorités saoudiennes et égyptiennes

Les autorités saoudiennes ont tenté de gérer la situation en distribuant de l’eau et de la glace, et en préconisant l’usage d’ombrelles pour se protéger du soleil. Toutefois, ces mesures n’ont pas suffi à prévenir les nombreux décès. En réponse, l’Égypte a décidé de sévir contre les entreprises touristiques impliquées dans ces pratiques illégales, et espère ainsi éviter de futures tragédies.

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