Egypte : les femmes manifestent pour réclamer la vérité sur la mort de Chaimaa Sabbagh !

Des femmes se sont réunies ce jeudi au Caire pour réclamer une enquête sur la mort de la militante des droits de l’Homme Chaimaa Sabbagh, tuée par un tir de grenade, lors des manifestations du weekend, célébrant le quatrième anniversaire du soulèvement contre Hosni Moubarak

L’Egypte est toujours profondément sous le choc après la mort de la militante des droits de l’Homme Chaimaa Sabbagh, abattue par un tir de grenade lors des manifestations ce weekend célébrant le quatrième anniversaire de la révolte contre Hosni Moubarak. Des femmes se sont réunies, ce jeudi 29 janvier 2015, au Caire pour réclamer une enquête sur le décès de la jeune femme.

Hormis, elle, 25 autres Egyptiens, aussi bien des hommes que des femmes, ont également péri lors de ces manifestations réprimées par la police. Plus de 500 personnes, essentiellement des militants au sein des Frères musulmans ont été interpellées. Agée de 34 ans, Shaïmaa al-Sabbagh marchait dans les rues du Caire en compagnie d’autres manifestants lorsque la police a ouvert le feu sur la foule. Touchée par un tir de chevrotine, Shaïmaa al-Sabbagh a agonisé dans les bras d’un inconnu venu à son secours.

Usage excessif de la force

La scène a été immortalisée par un photographe de l’agence Reuters et a vite fait le tour du monde, symbolisant la violente répression des forces de l’ordre en Égypte. Les circonstances de sa mort ont également ému les internautes qui ont fait circuler sa photo notamment sur les réseaux sociaux, estimant qu’elle symbolise la continuité de la répression policière en Egypte. Cette même répression qui a en partie poussé le peuple à se soulever contre Hosni Moubarak.

Des organisations de défense des droits de l’Homme, telle que Human Rights Watch, dénoncent régulièrement « l’usage excessif de la force par la police en Egypte contre des manifestations pacifiques ». Les autorités égyptiennes répriment, en effet, toujours les Frères musulmans, interdits également de manifestations. C’est la confrérie d’où est issu l’ancien chef de l’Etat Mohamed Morsi, destitué le 3 juillet 2013, sur les ordres d’Abdel Fattah al-Sissi, qui dirigeait alors l’armée avant d’être élu à la tête du pays, après la période de transition.