
La République démocratique du Congo a franchi le seuil des 1 000 cas confirmés d’Ebola. Déclarée le 15 mai dans l’est du pays, l’épidémie liée au virus Bundibugyo progresse à un rythme inédit. Les autorités sanitaires redoutent désormais une aggravation dans les prochaines semaines.
La RDC fait face à l’une des flambées d’Ebola les plus rapides jamais observées sur le continent. Selon le dernier bilan communiqué par les autorités congolaises, le pays compte désormais 1 048 cas confirmés et 267 décès. La barre des 1 000 cas, franchie moins de six semaines après la déclaration officielle de l’épidémie, confirme l’ampleur de la crise sanitaire en cours.
L’épidémie a été déclarée le 15 mai dans la province de l’Ituri, dans l’est du pays. Cette région reste l’épicentre de la flambée, même si des cas ont également été signalés au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. D’après l’OMS, l’Ituri concentrait encore récemment plus de 90 % des cas recensés en RDC.
Une souche rare et difficile à combattre
Cette flambée est causée par le virus Bundibugyo, une souche rare d’Ebola. Elle avait été identifiée pour la première fois en Ouganda en 2007, puis lors d’une autre épidémie en RDC en 2012. La flambée actuelle est désormais la plus importante jamais provoquée par cette souche.
La difficulté est majeure : aucun vaccin homologué ne cible spécifiquement le virus Bundibugyo. Les vaccins disponibles contre Ebola ne sont pas approuvés pour cette souche. La riposte repose donc sur les outils classiques : détection rapide, isolement des malades, prise en charge médicale, protection des soignants, enterrements sécurisés et suivi des contacts.
Or ces outils peinent à suivre le rythme de propagation. Médecins sans frontières alerte depuis plusieurs semaines sur les retards de diagnostic, le manque de capacités d’isolement et la pression croissante sur les centres de traitement. L’OMS a aussi souligné que la hausse récente du nombre de cas reflétait en partie le rattrapage de tests accumulés, signe que le virus a pu circuler sans être détecté pendant plusieurs semaines.
Le suivi des contacts reste insuffisant
Le traçage des contacts est l’un des points les plus fragiles de la riposte. Les autorités n’auraient atteint qu’environ 55 % de couverture dans le suivi des personnes exposées. Plus de 35 000 contacts restaient encore à retrouver la semaine dernière.
Le patient zéro n’a pas été identifié. Cette inconnue complique la reconstitution des chaînes de transmission et empêche de mesurer précisément depuis quand le virus circule. Le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a rappelé que pour contrôler une épidémie d’Ebola, il faut pouvoir remonter au cas index.
À cette difficulté sanitaire s’ajoute le contexte sécuritaire de l’est de la RDC. L’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu sont marqués par les violences armées, les déplacements de population et un accès inégal aux soins. Dans les camps de déplacés, la promiscuité et la faiblesse des infrastructures font craindre une propagation plus large.
Pour l’instant, le pic de l’épidémie n’a pas été atteint. Le franchissement du cap des 1 000 cas confirme que la RDC affronte une flambée rapide, encore incomplètement maîtrisée. Cela dans une région où chaque retard de dépistage peut ouvrir une nouvelle chaîne de contamination.



