
Réunis à New York pour renforcer la riposte contre l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale, les pays du G20 et leurs partenaires ont annoncé environ 2,6 milliards de dollars d’engagements. La République Démocratique du Congo, où le virus a fait 3 759 morts, reste au centre des efforts internationaux.
La mobilisation internationale s’intensifie face à l’épidémie d’Ebola qui sévit en République Démocratique du Congo (RDC). Une réunion des ministres des Affaires étrangères du G20, organisée le 23 septembre à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, a porté sur le renforcement de la coopération internationale contre le virus. Les engagements annoncés à cette occasion atteignent environ 2,6 milliards de dollars.
Les États-Unis annoncent 267 millions de dollars supplémentaires
Washington a annoncé une nouvelle enveloppe de 267 millions de dollars destinée à la riposte contre Ebola en RDC. Selon le Département d’État américain, cette contribution porte à 887 millions de dollars le montant de l’aide sanitaire et humanitaire directe fournie par les États-Unis depuis le début de l’épidémie.
Cette nouvelle assistance doit notamment financer de nouvelles unités de traitement Ebola, des équipes chargées des enterrements sûrs et dignes, l’achat de matériel de protection individuelle, la surveillance épidémiologique, les produits médicaux et la recherche des personnes ayant été en contact avec des malades. Les autorités américaines indiquent également avoir déjà soutenu 23 centres spécialisés de traitement et 235 structures de santé dans les zones touchées.
Le Japon renforce également son soutien
Le Japon a, de son côté, annoncé une contribution supplémentaire de 5 millions de dollars. Tokyo précise que cette aide doit soutenir la prévention des épidémies ainsi que les secteurs de la santé, de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Les fonds sont destinés à être mis en œuvre avec l’Organisation internationale pour les migrations, l’Unicef et le Programme alimentaire mondial. Cette enveloppe s’ajoute aux 3,5 millions de dollars déjà annoncés par le Japon en juin pour la RDC et l’Ouganda.
Lors de la réunion du G20 à New York, Tokyo a également insisté sur la nécessité d’une réponse internationale coordonnée face aux risques sanitaires liés à la circulation du virus. Malgré l’afflux de financements, les besoins restent considérables sur le terrain. Le dernier bilan disponible au 21 septembre fait état de 7 773 cas confirmés et de 3 759 décès en RDC. L’épidémie, provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo, touche désormais sept provinces du pays.
La RDC toujours confrontée à d’importants besoins
L’Ituri demeure l’épicentre avec près de 6 000 cas confirmés. La situation évolue toutefois différemment selon les régions. Alors que le nombre de cas a diminué dans certaines zones, notamment en Ituri, le Nord-Kivu connaît une progression importante. Selon les données rapportées par l’OMS, les cas y ont augmenté de 73% entre le 31 août et le 20 septembre. Les capacités de prise en charge restent également sous pression.
Dans le Nord-Kivu, des patients sont encore accueillis dans des structures ne répondant pas aux normes requises et certains centres manquent de lits disponibles. Des difficultés concernent également la disponibilité des personnels et le financement des équipes engagées dans la réponse. Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, estime que plusieurs besoins spécifiques liés à la vaccination et à la recherche restent insuffisamment financés.
Apparition de signes d’amélioration
Le recours au vaccin Ervebo fait notamment l’objet d’une approche particulière, car celui-ci est homologué contre la souche Zaïre du virus Ebola et non contre le virus Bundibugyo responsable de l’épidémie actuelle. Déclarée officiellement le 15 mai 2026, cette 17ème épidémie d’Ebola en RDC a connu une progression particulièrement rapide. Le ministère congolais de la Santé continue de publier des rapports de situation quotidiens ou réguliers sur son évolution.
Les équipes de Jean Kaseya soulignent que des signes d’amélioration apparaissent dans certains foyers. Elles recommandent toutefois de maintenir une forte intensité de la riposte. La surveillance des contacts, la prise en charge des malades, la prévention des infections et la mobilisation communautaire restent au cœur du dispositif.




