RDC : l’épidémie d’Ebola dépasse les 3000 morts


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Enterrement d'une personne morte d'Ebola
Enterrement d'une personne morte d'Ebola

L’épidémie de maladie à virus Ebola en République Démocratique du Congo (RDC) a franchi le seuil des 3 000 décès. Selon les dernières données communiquées par les autorités congolaises, 6 186 cas confirmés ont été enregistrés et 3 007 personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie, officiellement déclarée le 15 mai 2026. Le virus a été détecté dans 60 zones de santé réparties sur six provinces.

La République Démocratique du Congo fait face à sa 17ème épidémie de maladie à virus Ebola. Déclarée officiellement le 15 mai après l’apparition des premiers cas en Ituri, l’épidémie s’est progressivement étendue au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, au Haut-Uélé, à la Tshopo et au Bas-Uélé. Les dernières données disponibles font état de 6 186 cas confirmés, 3 007 décès, 1 409 guérisons et 830 patients actuellement isolés ou hospitalisés.

Six provinces et 60 zones de santé touchées

L’Ituri demeure la province la plus affectée. Sur les 36 zones de santé que compte cette province, 28 ont enregistré des cas. Le Nord-Kivu arrive ensuite avec 15 zones de santé touchées sur 34. La Tshopo compte sept zones affectées sur 23, le Haut-Uélé six sur 13, le Bas-Uélé trois sur 11 et le Sud-Kivu une sur 34. Cette répartition porte à 60 le nombre total de zones de santé concernées. La propagation géographique s’est accélérée au cours de l’été. Le nombre de zones touchées était de 49 au 30 juillet, avant d’atteindre 54 au 12 août puis 60 au 26 août.

Le Bas-Uélé est devenu la sixième province affectée à partir du 12 août. Les zones de Biena et Manguredjipa, dans le Nord-Kivu, figurent parmi les territoires ayant récemment enregistré des cas. L’Ituri concentre la majorité des cas recensés. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la province comptait 4 802 cas confirmés au 26 août, sur un total national alors établi à 5 794 cas. Le Nord-Kivu constituait la deuxième province la plus touchée, avec 775 cas confirmés à la même date.

Une épidémie liée au virus Bundibugyo

Le taux de létalité reste supérieur à 48%. Au 26 août, l’OMS faisait état de 5 794 cas confirmés et de 2 786 décès, soit une létalité de 48,1%. Les chiffres communiqués début septembre par les autorités congolaises portent désormais le cumul à 6 186 cas et 3 007 décès. Le nombre de guérisons atteint 1 409, tandis que 830 patients sont toujours pris en charge ou placés en isolement. L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo.

Il s’agit d’une souche différente du virus Zaïre, responsable de plusieurs des précédentes épidémies majeures d’Ebola en Afrique. L’OMS a qualifié l’épidémie congolaise de plus importante jamais enregistrée dans le pays pour cette forme de virus et a signalé son expansion rapide. La prise en charge repose notamment sur l’identification des cas, l’isolement des patients, la recherche et le suivi des contacts ainsi que les mesures de prévention et de contrôle des infections.

Des indicateurs suivis dans les zones touchées

Les autorités congolaises indiquent que 88% des contacts sont actuellement suivis, soit un niveau supérieur au seuil opérationnel de 85% fixé pour la surveillance épidémiologique. Les autorités sanitaires suivent également l’évolution de la transmission dans les différentes zones de santé. Le Sud-Kivu constitue l’une des zones où aucun nouveau cas confirmé n’a été signalé depuis une période prolongée. Au 2 septembre, le ministère congolais de la Communication faisait état de 92 jours sans nouveau cas confirmé dans cette province.

Des responsables d’Africa CDC ont également signalé une diminution du taux de reproduction du virus. Selon les données communiquées par le professeur Yap Boum, chef de la division de réponse aux urgences de l’agence sanitaire de l’Union africaine, cet indicateur est passé d’environ 4 au début de l’épidémie à 0,97 au niveau national. Dans certaines zones, notamment Mongbwalu en Ituri, il a été estimé à environ 0,50.

Vaccination et recherche médicale

La réponse sanitaire comprend également une campagne de vaccination destinée notamment aux personnels de santé exposés. Le vaccin Ervebo, utilisé contre le virus Ebola Zaïre, est administré aux personnels de première ligne, alors que la souche Bundibugyo à l’origine de l’épidémie actuelle ne dispose pas encore d’un vaccin ou d’un traitement spécifiquement homologué. Des candidats-vaccins contre cette souche font l’objet de recherches et d’essais.

Les autorités congolaises poursuivent par ailleurs la surveillance épidémiologique dans les six provinces concernées. L’OMS souligne que l’augmentation du nombre de cas enregistrés est liée à la fois à l’extension de l’épidémie et au renforcement de la surveillance, des capacités de dépistage et des moyens de diagnostic.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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