Droit de vote des étrangers : la promesse d’Hollande menacée

Lors de sa première conférence de presse, François Hollande a rejeté ce mardi le recours à un référendum sur le droit de vote des étrangers extra-communautaires. Le président français, qui sait que sa promesse est menacée, cherche des soutiens pour pouvoir tenir ses engagements.

François Hollande a été clair : le gouvernement n’aura pas recours à un référendum pour trancher sur la question du droit de vote des étrangers extra-communautaires. C’est en tout cas ce qu’a déclaré le président français, lors de sa première conférence de presse après six mois de mandat.

« Présenter un texte avec le risque de diviser les Français pour au bout du compte ne pas le faire passer: je m’y refuse », a affirmé mardi François Hollande devant un parterre de journalistes français et étrangers. Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, croit savoir que le texte, une des 60 propositions de campagne du président de la République française, n’est pas encore définitivement enterré.

Lors du Conseil des ministres, de ce mercredi, elle a ainsi précisé que le président Hollande « nous a appelés collectivement à essayer de trouver des alliés, des soutiens » afin de s’assurer d’une majorité des 3/5ème au Congrès, primordiale à l’adoption du texte autorisant le droit de vote des étrangers extra-communautaires.

La mobilisation en ordre dispersé

Dans un entretien accordé mardi 23 octobre à Public-Sénat/Radio Classique, Najat Vallaud-Belkacem avait, purement et simplement, repoussé l’accès aux étrangers extra-communautaires au droit de vote à l’après 2014. « J’avoue avoir quelques doutes parce que cela signifierait que nous adoptions le texte d’ici le printemps 2013 », avait indiqué la ministre des Droits des femmes.

La promesse de François Hollande est menacée. Si le recours au référendum est exclu, il ne reste plus qu’à modifier la Constitution. D’où la nécessité d’obtenir la majorité des 3/5ème au Congrès. A entendre Najat Vallaud-Belkacem « Il n’y a absolument pas d’abandon de cet engagement ». Et d’ajouter : « Nous mettrons tout en oeuvre pour le tenir, le respecter », avant de mettre en garde : il ne faut « pas gâcher cet engagement et qu’on le présente dans des conditions qui l’amèneraient à être rejeté par le congrès ».

Ce qui n’est pas gagné d’avance puisque toute la gauche n’approuve pas ce texte. Suite à la tribune en faveur de cette loi de 75 députés français, publiée dans Le Monde, Manuel Valls était monté au créneau pour souligner qu’il ne s’agissait pas « d’une revendication forte », ni d’un « élément puissant d’intégration ». Une intervention qui avait sonné comme un désaveu de la promesse du président français.

Depuis 1981, l’année de l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, les socialistes ont régulièrement renoncé à cette volonté d’accorder le droit de vote aux étrangers extra-communautaires. Bis repetita pour ce mandat de François Hollande ?