Vallaud-Belkacem repousse le droit de vote des étrangers à l’après 2014

Dans une interview accordée, ce mardi 23 octobre, à Public-Sénat/Radio Classique, Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement français, a fait part de ses doutes quant à l’adoption du droit de vote pour les étrangers extra-communautaires. L’une des 60 propositions de campagne de François Hollande a du plomb dans l’aile, d’autant que son ministre de l’Intérieur n’y est pas favorable.

Les doutes de Najat Vallaud-Belkacem sur l’adoption du droit de vote des étrangers extra-communautaires. Dans un entretien accordé ce mardi 23 octobre à Public-Sénat/Radio Classique, la porte-parole du gouvernement français repousse, purement et simplement, le texte, l’une des 60 propositions du candidat Hollande, à l’après 2014.

« J’avoue avoir quelques doutes parce que cela signifierait que nous adoptions le texte d’ici le printemps 2013 », a déclaré la ministre des droits des femmes sur Public-Sénat/Radio Classique, rapporte Liberation.fr. Et de repousser aux calendes grecques le droit de vote des étrangers extra-communautaires : « Aujourd’hui, il est prématuré de parler d’un calendrier, y compris pour répondre sur la question de 2014 ». Pour la porte-parole du gouvernement, toutes les conditions ne sont pas réunies pour le vote de ce texte, selon les recommandations du Premier ministre Jean-Marc Ayrault : « C’est faire en sorte que les parlementaires, qui seront invités à voter, soient peu à peu convaincus de l’utilité d’une telle réforme », a-t-elle jugé.

La promesse Hollande est menacée

L’une des 60 propositions de campagne de François Hollande a, quoiqu’il en soit, du plomb dans l’aile. Pour tenir sa promesse, le président français devra modifier la Constitution. Le droit de vote des étrangers non communautaires figure dans le programme de François Hollande. Suite à la tribune en faveur de cette loi de 75 députés français, publiée dans Le Monde, Manuel Valls est monté au créneau pour assurer qu’il ne s’agissait pas « d’une revendication forte », ni d’un « élément puissant d’intégration ». Une intervention qui sonne comme un désaveu de la promesse du président de la République.

A l’UMP, Jean-François Copé et François Fillon, tous deux candidats à la présidence du parti de l’opposition, sont opposés au droit de vote des étrangers extra-communautaires. Ils avaient d’ailleurs répondu en ordre dispersé à François Hollande. Le premier l’avait exhorté à « clarifier ses intentions » et à soumettre « immédiatement » cette réforme au référendum. Quand au second, il avait enjoint le président français d’y renoncer.

Après les réticences de Manuel Valls, Vallaud-Belkacem enterre davantage la promesse de campagne de François Hollande. Le droit de vote des étrangers va-t-il encore être une promesse de campagne non tenue ? Depuis 1981, l’année de l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, les socialistes ont régulièrement renoncé à cette volonté d’accorder le droit de vote aux étrangers non communautaires. Bis repetita en 2012 ?