Dieudonné – Le Pen : une amitié en or

Selon le quotidien Le Parisien, Dieudonné aurait perçu 60.000 € pour la location de son théâtre, La Main d’Or, au parti d’extrême droite français, le Front national (FN). Une somme jugée exorbitante au regard des capacités de la salle. La transaction est critiquée au sein même du FN.

L’affaire fait grand bruit dans la presse parisienne. Le Front national de Jean-Marie le Pen aurait versé quelque 60.000 € à Bonnie Production, société gérée par Dieudonné M’Bala M’Bala. Une somme qui aurait permis au parti d’extrême droite de louer la Main d’Or, le Théâtre de l’humoriste situé dans le XIe arrondissement à Paris.

Le parti d’extrême droite n’a pas démenti cette information révélée mardi matin par le Parisien. Un cadre du Front National interrogé par le quotidien a simplement laissé entendre que le Théâtre de la Main d’Or avait été loué pour y former des militants chargés de collecter les cinq cents signatures d’élus nécessaires à Jean Marie Le Pen pour être candidat à la présidentielle.

60 000 € pour La Main d’Or

Dans le principe, la transaction n’aurait rien d’illégal. Ce qui fait problème par contre, c’est son coût exorbitant. D’une capacité de 200 places, la Main d’Or se loue environ 2000 euros la journée, loin des 60.000 € qu’aurait perçus Dieudonné, un budget largement suffisant pour louer le Zénith de Paris, une salle de spectacle qui dispose de 6000 places.

De là à penser que Jean-Marie le Pen aurait filé un coup de pouce à Dieudonné, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Selon Le Parisien, Dieudonné aurait refusé de réagir, se contentant de souligner que la comptabilité de sa société est saine. L’affaire provoque en tout cas des remous jusqu’au Front national parti politique contraint, par des difficultés financières récurrentes, de mettre en vente son siège historique de Saint Cloud, dans la région parisienne.

Mis en difficulté dans le milieu médiatique parisien suite à des accusations d’antisémitisme, l’humoriste n’a cessé ces deux dernières années de se rapprocher du Front national. En novembre 2006, il avait ainsi défrayé la chronique en effectuant une visite surprise à la convention présidentielle Bleu, Blanc, Rouge de Jean-Marie Le Pen au Bourget. C’est également le chef du parti d’extrême droite qu’il avait choisi pour devenir, le 11 juillet dernier, le parrain de sa fille