Diango Cissoko : reconquête du Nord-Mali et des élections crédibles

La passation de pouvoir entre Cheick Modibo Diarra et Diango Cissoko s’est déroulée jeudi 13 décembre pendant une heure et demie dans les locaux de la primature. Aussitôt nommé, le nouveau chef du gouvernement malien, ancien médiateur de la République, a tenu un discours pour fixer ses priorités, parmi lesquelles : la reconquête du Nord-Mali et l’organisation des élections crédibles. Deux dossiers compliqués dont le succès est tributaire de la junte du Capitaine Sanogo, à l’origine de la démission de Diarra et auteur du Coup d’Etat du 22 mars qui a chassé le président Amadou Toumani Touré (ATT) du pouvoir.

Deux dossiers brûlants attendent Cissoko. Le nouveau Premier ministre malien, nommé mardi, est depuis jeudi en fonction. La passation de pouvoir entre Cheick Modibo Diarra et Diango Cissoko s’est déroulée jeudi 13 décembre pendant une heure et demie dans les locaux de la primature. Le chef du gouvernement, fraîchement investi, a immédiatement fixer ses priorités lors de son premier discours.

« Le nouveau Premier ministre malien, Diango Cissoko, a assuré jeudi à Bamako, que les priorités n’ont pas changé pour le gouvernement de transition qu’il dirige, à savoir la reconquête du Nord, et l’organisation d’élections « crédibles » », rapporte Malijet.com. Et d’assurer « qu’un nouveau gouvernement serait opérationnel dès la semaine prochaine ».

Diango Cissoko répond ainsi aux attentes de la communauté internationale qui espère « un nouvel élan » à Bamako, en trouvant une porte de sortie à la crise politique et facilitant une intervention militaire au Nord-Mali. « Je constate qu’il y a au Mali un président qui a accepté la démission du Premier ministre, qui a nommé un (nouveau) Premier ministre », a confié à RFI Pierre Buyoya, le haut représentant de l’Union africaine (UA) pour le Mali et le Sahel. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait demandé « avec insistance il y a quelques mois » la nomination d’un « vrai gouvernement d’union nationale. C’est ça qui est utile », a rappelé l’ex-président burundais.

Cissoko vs Sanogo ?

Pour mettre en œuvre son action politique, le nouveau Premier ministre malien devra régler le cas du Capitaine Amadou Haya Sanogo, auteur du coup d’Etat du 22 mars qui a chassé Amadou Toumani Touré (ATT) du pouvoir et à l’origine de la démission de Cheick Modibo Diarra. Car, la junte de ce dernier, très influente dans la vie politique malienne, s’oppose au déploiement d’une force étrangère au Mali en vue d’une intervention militaire au Nord-Mali. Or, le chef du gouvernement malien, désormais en poste, fait du conflit contre les islamistes sa priorité. Tant que la junte ne se subordonnera pas au pouvoir civil, l’hypothèse d’une guerre au Nord-Mali restera illusoire, analysent les spécialistes. Les élections crédibles ne pourront donc pas être organisées.

Diango Cissoko a donc du pain sur la planche. Il devra s’atteler à trouver un compromis entre les exigences du Capitaine Sanogo et celles de la communauté internationale. Son prédécesseur, Cheick Modibo Diarra, a sans doute payé au prix fort son engagement prononcé pour le conflit au Nord-Mali en prônant un soutien de la France et des organisations africaines. Diango Cissoko a-t-il les épaules pour relever ce défi à haut risque ?