Des terroristes « salafistes » présumés acquittés en Mauritanie

La cour criminelle du Tribunal régional de Nouakchott a prononcé mardi, l’acquittement en faveur d’une vingtaine d’islamistes présumés « salafistes », au terme de la session judiciaire démarrée le 21 mai dernier. En revanche, la cour a condamné par contumace à 2 ans de prison ferme Khadim Ould Seman, évadé de la prison depuis avril 2006 et signalé du côté de Dakar par le quotidien sénégalais, « l’Observateur ».

Le verdict a été accueilli par des cris de joie et une sorte d’hystérie collective. Une foule impressionnante de femmes avait massivement pris d’assaut la salle d’audience avant l’énoncé du verdict. Pour le bâtonnier de l’Ordre national des avocats (ONA), Ahmed Ould Youssouf Ould Cheikh Sidya, ce verdict « est conforme à la réalité des faits et du dossier vide de tout élément à charge. Il est parfaitement équilibré ».

Tout au long du procès, rappelle-t-on, la défense a dénoncé des actes de tortures attribués à la police politique qui a mené l’enquête préliminaire. Les membres du groupe jugés depuis fin mai par la cour criminelle avaient été arrêtés en vagues successives en 2005 et 2006. Parmi eux, 8 étaient détenus à titre préventif, 11 en liberté provisoire, 3 en évasion et certains n’ont jamais été retrouvés.

De lourdes accusations

Devant la cour criminelle, les « islamistes » acquittés ont eu à répondre de plusieurs chefs d’inculpation parmi lesquels notamment « l’association de malfaiteurs et la formation d’organisations non autorisées ».

Certains étaient soupçonnés d’avoir subi un entraînement dans les camps du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), un mouvement algérien (devenu depuis lors une branche de la nébuleuse Al Qaida au Maghreb arabe) dans le but d’aller combattre en Irak.

D’autres étaient accusés d’avoir pris part à l’attaque d’une caserne de l’armée mauritanienne située aux confins des frontières avec l’Algérie et le Mali début juin 2005. L’attaque en question, rappelle-t-on, attribué au GSPC par les autorités de l’époque, avaient fait 15 morts et une vingtaine de blessés.

C’est la première fois qu’une arrestation de présumés islamistes en Mauritanie trouve son épilogue par un procès public régulier en dépit de la fréquence des arrestations dans le milieu depuis octobre 1994, relèvent les observateurs. La cour criminelle était présidée par un magistrat du nom de Moulaye Abderahmane.

Lire aussi :

 11779