Mauritanie : les islamistes jugés pour terrorisme plaident non coupables

Une vingtaine d’islamistes présumés jugés en Mauritanie pour terrorisme ont plaidé non coupables, lundi, à l’ouverture de leur procès. Les accusés, dont certains se sont plaints d’avoir été torturés par la police, risquent plusieurs années d’emprisonnement si leur culpabilité est établie.

Non coupables. La vingtaine d’islamistes présumés qui comparaissent depuis lundi devant une cour criminelle de Nouakchott, en Mauritanie, ont réfuté les accusations de terrorisme qui pèsent sur eux. Et certains ont fait savoir que leurs aveux ont été extorqués via la torture. Ces hommes, dont trois sont jugés par contumace depuis qu’ils se sont évadés en avril 2006, sont tous inculpés pour « appartenance à une organisation non autorisée » et « activités liées au terrorisme ». Une partie d’entre eux doit en plus faire face à l’accusation selon laquelle ils ont perpétré « des actes non autorisés par le gouvernement et qui soumettent les Mauritaniens à des actions de représailles ». Des chefs d’accusation qui pourraient leur valoir plusieurs années de prison ferme.

Entraînés par Al-Qaïda

Dans le box des accusés, on compte une dizaine de leaders religieux et sept jeunes militants mauritaniens. Ils auraient participé à un entraînement de l’ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat, aujourd’hui rebaptisé Al-Qaïda au Maghreb islamique, en prévision d’un départ pour la guerre en Irak. D’après les autorités, les accusés auraient en outre voulu créer une branche mauritanienne de l’ex-GSPC algérien afin de « porter atteinte à la sûreté intérieure et extérieur de l’Etat » mauritanien.

Les audiences du procès, dont la fin n’est pas fixée, devraient durer plusieurs semaines. C’est la première affaire judiciaire du genre depuis la prestation de serment, en avril, d’un président civil : Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Son gouvernement souhaite que ce jugement soit rapide et équitable. Une nouvelle qui devrait satisfaire les islamistes qui avaient observé, en février, une grève de la faim pour obtenir l’accélération de leur procès. Sans oublier les Etats-Unis, dont la Mauritanie est un allié dans la lutte contre le terrorisme.