Décès au Japon de Shinzo Abe, «l’avocat» de l’Afrique contre la Chine

Shinzo Abe, Japon
Shinzo Abe, ancien Premier ministre du Japon

L’ancien Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a succombé à ses blessures par balles, ce vendredi 8 juillet 2022. En pleine campagne électorale, l’homme politique, fervent défenseur des intérêts de l’Afrique, a été atteint lors d’un discours qu’il tenait dans la région de Nara, dans l’Ouest du Japon.

C’est lors d’un meeting de campagne en vue des élections sénatoriales de dimanche 10 juillet, que des coups de feu ont retenti. Shinzo Abe, 67 ans, s’est effondré et saignait du cou, a rapporté le journal NHK. Pour sa part, le gouvernement japonais a déploré : «on a tiré sur l’ancien Premier ministre Abe, vers 11h30, à Nara. Un homme suspecté d’être le tireur a été interpellé. L’état de santé de M. Abe est actuellement inconnu».

Si le porte-parole du gouvernement japonais, Hirokazu Matsuno, a été évasif, NHK, citant une caserne de pompiers locale, précise que «l’ancien Premier ministre Abe semble être en état d’arrêt cardio-respiratoire», terme utilisé au Japon avant la confirmation d’un décès par un médecin. Il a été rapporté que Shinzo Abe semblait avoir été abattu par derrière, probablement avec un fusil. Un homme d’une quarantaine d’années a été interpellé, son domicile perquisitionné.

Shinzo Abe était très connu en Afrique. L’ancien Premier ministre japonais avait surtout attiré l’attention lorsqu’il s’est rendu sur le continent du 9 au 12 janvier 2014, alors qu’il était accompagné de 34 patrons des plus grandes entreprises japonaises. A l’époque, Shinzo Abe s’était fixé comme objectif de redresser le niveau des échanges commerciaux entre son pays et l’Afrique, au plus haut de la compétition avec la Chine. Le chef du gouvernement de l’époque devait alors se rendre au Mozambique, en Côte d’Ivoire puis en Ethiopie.

Shinzo Abe avait pour mission de redresser la part du continent dans les échanges commerciaux du Japon. Une part qui avait connu une chute, puisqu’elle était de l’ordre de 1,8% en 2012. M. Abe s’était aussi fait porte-voix des pays africains qu’il tentait de prémunir des actions qu’il jugeait néfastes de la Chine. Fin août 2019, prenant la parole, lors de la clôture de la 7ème conférence Ticad sur les investissements japonais en Afrique, Shinzo Abe avait vertement reproché à la Chine de ne pas se soucier de la dette des pays où elle investit sur le continent. Un grand défenseur des intérêts de l’Afrique s’en est donc allé.

Lire : Côte d’Ivoire : le Premier ministre japonais entame une tournée africaine