
Le Burkina Faso, le Mali et le Niger poursuivent leur rupture avec la Cour pénale internationale. La Présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome appelle les trois pays de l’AES à rester dans le système de La Haye, tandis que Bamako, Ouagadougou et Niamey dénoncent une justice internationale jugée sélective et instrumentalisée.
Un retrait politique autant que juridique
Le bras de fer entre l’Alliance des États du Sahel et la Cour pénale internationale se poursuit et se durcit. Dans une déclaration datée du 1er juillet 2026, la Présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome dit avoir pris note « avec préoccupation » des démarches engagées par le Burkina Faso, le Mali et le Niger en vue de leur retrait du traité fondateur de la CPI.
La Présidence estime que ces départs affaibliraient la lutte internationale contre l’impunité. Elle « déplore » ces décisions, jugeant qu’elles risquent de compromettre « la recherche collective de la justice », et appelle les trois pays sahéliens à demeurer États parties et à faire valoir leurs critiques dans le cadre de l’Assemblée, plutôt qu’en dehors du système.
Depuis leur rapprochement au sein de l’AES, les régimes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger multiplient les ruptures avec les institutions perçues comme liées à l’ordre occidental. La CPI est accusée par leurs autorités d’être une juridiction à géométrie variable, plus prompte à poursuivre des responsables africains qu’à sanctionner les grandes puissances ou leurs alliés. En septembre 2025, Amnesty International avait déjà qualifié l’annonce de retrait de « recul préoccupant » pour les victimes de crimes graves dans la région Amnesty International.
Les obligations passées demeurent
La Présidence de l’Assemblée rappelle un point central : quitter le Statut de Rome ne revient pas à effacer le passé. Le retrait « ne libère pas un État partie des obligations nées pendant la période où il était partie au Statut ». Les coopérations dues à la Cour pour des faits antérieurs restent donc valables.
C’est particulièrement sensible pour le Mali, où la CPI a déjà ouvert une enquête sur les crimes commis depuis 2012. Le Statut de Rome, entré en vigueur en 2002, donne compétence à la Cour pour les crimes de génocide, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crime d’agression CPI.
Le retrait s’inscrit, pour les trois pays de l’AES, dans une stratégie de souveraineté revendiquée. Il soulève, côté CPI, la question du maintien d’un système de justice internationale à mesure que des États touchés par des conflits armés choisissent de s’en retirer au nom de cette défiance politique.




